Au cœur du jeu politique du Parti socialiste, François Hollande redevient une figure centrale et nourrit l’espoir d’un retour à la présidence, soutenu par le recul de ses opposants et par l’optimisme qui le caractérise. Cependant, une interrogation demeure : son expérience sera-t-elle suffisante pour faire face aux rapports de force qui pèsent sur le paysage électoral ?
À l’aube de 2026, François Hollande n’a pas renoncé à l’éventualité de prendre part à la prochaine élection présidentielle. Il n’a pas clos la porte définitivement. Depuis qu’il est de retour comme député de la Corrèze, il a retrouvé une audience certaine au sein de la famille socialiste. Le leadership du PS appartient désormais à Olivier Faure, qui pilote les négociations avec Sébastien Lecornu et qui a acté la rupture avec Jean-Luc Mélenchon. Toutefois, Hollande, longtemps vu comme le pestiféré des insoumis, poussait dans ce sens depuis longtemps, en défendant notamment la non-intervention du gouvernement au nom de la stabilité.
On peut dire que l’ancien chef d’État retrouve de l’oxygène. Mais il est encore loin d’avoir atteint son objectif. Un sondage récent ne lui accorde que 6,5% des intentions de vote, soit un point de plus que Faure, mais six de moins que Raphaël Glucksmann, le mieux placé à gauche pour tenter de devancer Mélenchon.
Si Hollande croit encore en sa bonne étoile, ce n’est pas par hasard : c’est d’abord dans sa nature, profondément optimiste. Son petit côté Jean-Claude Dusse : « Sur un malentendu, ça peut marcher… ». Transposé politiquement, cela donne la fameuse théorie du trou de souris. Et puis, tout dépend des échanges entre les acteurs. Raphaël Glucksmann traverse une passe délicate depuis son débat raté face à Éric Zemmour. Plus sa cote s’effrite, plus celle de Hollande frémit. Beaucoup, à gauche, se demandent quelle ferme détermination peut afficher le premier candidat, alors que l’envie du second semble intacte.
D’ailleurs, la méthode Hollande se veut l’anti-Glucksmann. L’eurodéputé de Place publique se consacre aux idées et travaille méticuleusement son programme dans l’ombre. L’ancien président, lui, enchaîne les poignées de main sur les marchés, les débats dans les amphithéâtres, les cérémonies et les remises de médailles. C’est le retour de la « popote à l’ancienne », avec une abondance d’images sur les réseaux pour démontrer sa proximité. Même le trajet pédestre qui le mène de son bureau, rue de Rivoli, jusqu’à l’Assemblée — 618 mètres au total — devient un festival de selfies partagés avec les passants sur son compte Instagram. François Hollande sur le pont de la Concorde, c’est presque Bonaparte sur le Pont d’Arcole.
Cependant, cela ne suffit pas à imposer une candidature. D’après Hollande lui-même, une présidentielle demeure avant tout une affaire de circonstances. Alors, les turbulences liées à Trump, la menace que fait peser Poutine et les risques de conflit : ces éléments de contexte pourraient-ils servir un candidat aguerri ? Peut-être. Mais François Hollande sait aussi que, face à l’extrême droite qui pourrait s’emparer du pouvoir, il risquerait surtout de devoir renoncer pour éviter de diviser son camp — comme en 2017. « Les circonstances ne font pas l’homme, elles le révèlent seulement à lui-même », disait Marc Aurèle, qui, lui, était empereur. François Hollande n’en demanderait pas tant…







