Des médecins exerçant en libéral ont déclenché une grève qui mobilise déjà fortement ce lundi 5 janvier. Ils protestent contre plusieurs dispositions du budget de la Sécurité sociale, notamment celle qui vise à diminuer le nombre d’arrêts de travail. Ce matin, de très nombreux cabinets médicaux sont restés fermés.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Au téléphone avec une patiente, une médecin affirme clairement sa position : « Sauf cas d’urgence, il n’y aura pas de consultation ici jusqu’à vendredi. » Elle s’implique activement dans la contestation du projet de loi de financement de la sécurité sociale. Son principal sujet de critique : le renforcement du contrôle des arrêts de travail. Désormais, la première prescription serait limitée à un mois.
« C’est tout à fait insuffisant parce qu’il existe des maladies graves qui ne guérissent pas en un seul mois. Je pense notamment à certains cancers extrêmement graves. Tout cela peut gravement nuire à l’état de santé des patients », souligne le Dr Josyane Deloffre, médecin généraliste en grève à Courbevoie (Hauts-de-Seine).
La mobilisation s’annonce dense. Selon les syndicats, 85 % des praticiens se disent prêts à se joindre au mouvement. En pleine période de grippe, les patients doivent s’organiser. « Si c’est vraiment urgent, j’irai aux urgences. Sinon, je consulterai le pharmacien pour obtenir un avis. Sinon, je ne sais pas. J’espère que cela ne va pas durer trop longtemps », témoigne une passante. « Moi, je verrai le médecin mercredi. J’espère que mon rendez-vous sera maintenu », ajoute un homme. Un autre envisage de se tourner vers l’hôpital en cas d’urgence : « J’imagine que j’irai à l’hôpital aux urgences. Je n’en suis pas sûr », nous dit-il.
La loi permet à l’Assurance-maladie de prendre le lead et de le garder
Les médecins généralistes ne sont pas les seuls à déserter la blouse. Dans certaines cliniques privées, des interventions sont reportées. Le reproche porte sur la possibilité pour les autorités de réduire les tarifs de certains actes, comme la radiologie, sans discussion, ce que dénoncent les syndicats. « En principe, les négociations se fondent sur une répartition équitable entre les médecins et l’Assurance-maladie. Or, la loi de financement de la sécurité sociale permet à l’Assurance-maladie de prendre le lead et de le conserver jusqu’à la fin », souligne Docteure Sophie Bauer, présidente du Syndicat des Médecins Libéraux (SML).
La ministre de la Santé tente d’apaiser le climat. « Cette réduction tarifaire est une éventualité et non une obligation », assure-t-elle. Dix jours de grève sont prévus. Pour les médecins, une telle durée demeure extrêmement rare.







