Charles Dayot est soupçonné d’être impliqué dans une prise d’intérêts illicite concernant la vente de deux étages d’un immeuble municipal, en raison de ses liens professionnels avec l’un des acquéreurs et de sa participation au vote ayant donné son aval à cette cession.
Le maire de Mont-de-Marsan, Charles Dayot, se voit attribuer une nouvelle enquête, cette fois pour prise illégale d’intérêts, selon les informations relayées par ICI Gascogne ce lundi 2 février. Il s’agit de la troisième procédure judiciaire visant le premier magistrat de la commune. Dayot est soupçonné d’avoir joué un rôle dans la cession de deux étages d’un bâtiment municipal placé au-dessus de la poste centrale de Mont-de-Marsan, sur la place du Général-Leclerc, à proximité de l’hôtel de ville.
En 2023, la mairie envisageait de céder les deux niveaux de ce bâtiment acquis par la collectivité en 2016. D’après la Direction départementale des finances publiques, la vente pourrait rapporter environ 360 000 euros, avec une marge d’appréciation fixée à 10 %. En novembre 2023, un appel à projets est lancé afin de trouver un acquéreur. Une société, FDMC, détenue par un entrepreneur local désigné par les initiales M.C., propose 350 000 euros. L’offre est acceptée et la cession est validée lors du conseil municipal du 7 mars 2024.
Cependant, en août 2024, l’acquéreur sollicite une renégociation du prix, invoquant le coût du désamiantage. Le montant est réduit par la municipalité, fixé à 330 000 euros. Une autre société se porte acquéreuse, MOCHO, détenue par l’entrepreneur M.C. et par A.M., un promoteur immobilier montois. Il ressort toutefois que ce promoteur est associé à Charles Dayot au sein d’une société civile immobilière (SCI). Lors du conseil municipal du 25 juin 2025, le maire prend part au vote sans informer les élus de ses liens d’affaires avec le promoteur.
L’affaire dépaysée au parquet de Pau
La justice cherche donc à déterminer si Charles Dayot a manqué à son devoir d’impartialité en participant à des décisions relatives à une vente impliquant l’un de ses associés. Selon les informations d’ICI Gascogne, l’ouverture de l’enquête résulte d’un signalement adressé à la justice ces dernières semaines par la préfecture des Landes, interpellée par le contenu et les modalités du vote lors de la délibération du conseil municipal de Mont-de-Marsan.
L’affaire a été dépaysée au parquet de Pau. Le procureur de la République de Pau, Rodolphe Jarry, confirme à ICI Gascogne qu’il va ouvrir une enquête. Celle-ci sera confiée soit au commissariat de Pau, soit à la police judiciaire de Bayonne. Charles Dayot est également visé par deux autres procédures ouvertes quelques semaines plus tôt. En décembre 2025, le parquet de Pau a ouvert une enquêtes parce que le maire conduisait son véhicule depuis quatre ans malgré l’annulation de son permis. Et fin janvier, une autre enquête a été ouverte à la suite d’une plainte pour harcèlement moral déposée par un ancien collaborateur du maire.
Charles Dayot, à la tête de la municipalité de Mont-de-Marsan, a annoncé mi-janvier qu’il serait candidat à sa réélection lors des municipales prévues en mars.







