Le dirigeant du Parti socialiste affirme qu’Epstein n’était pas quelqu’un de charmant, mais véritablement un pédocriminel, et que notre bienveillance ne doit viser que les victimes. Il s’est dit profondément heurté par la réaction de Jack Lang, qui, lors d’un entretien diffusé mardi sur France 2, avait décrit l’homme comme courtois, très charmant et généreux.
« À ce stade, rien n’indique que Jack Lang soit mêlé aux scandales sexuels, mais il doit envisager une démission afin de protéger l’institution qu’il dirige », a déclaré jeudi 5 février à 42mag.fr Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste (PS). Le nom de l’ancien ministre de la Culture est cité 685 fois dans les documents publiés par le ministère américain de la Justice relatifs à l’affaire Jeffrey Epstein. « Je ne crains rien, je suis blanc comme neige », a-t-il assuré sur France 2.
Mercredi, l’ex-ministre français Jack Lang a exclu de démissionner de la présidence de l’Institut du monde arabe (IMA), malgré les révélations sur ses liens passés avec le criminel sexuel et financier américain Jeffrey Epstein. « Comment cet homme si courtois, si charmant, si généreux, avait pu perpétrer de pareilles abominations ? », s’est-il étonné sur France 2.
« J’ignore si (Jack) Lang est coupable d’avoir, en connaissance de cause, fermé les yeux sur les agissements d’Epstein et si par sa fréquentation, il a participé à les couvrir », a écrit Olivier Faure à 42mag.fr. « Mais ce qui d’ores et déjà heurte, c’est la façon dont il évoque aujourd’hui l’affaire », réagit le chef du PS, famille politique de Jack Lang. Jeffrey Epstein « n’était pas un homme charmant, il était un pédocriminel et notre bienveillance doit être réservée aux victimes », a plaidé Olivier Faure. « Dans le monde entier, des personnalités du monde politique et de la culture sont impliquées à des degrés divers. Aucune de ces relations ne peut être protégée par son statut. La justice doit passer », a affirmé Olivier Faure.
Aucune inculpation retenue contre Jack Lang
Les nouveaux documents publiés par le ministère de la Justice américain dévoilent des dizaines d’échanges entre l’ancien ministre de la Culture français et l’ancien financier, condamné en 2008 pour avoir recouru à des services de prostituées mineures. On y trouve des échanges de mails, concernant par exemple des invitations. L’ancien ministre donne également à Jeffrey Epstein le prix d’une villa vendue par une relation à Marrakech, détaille France Télévisions. « La maison, je ne l’ai jamais vue, le document probablement (que) je ne l’ai pas lu », a assuré Jack Lang, sollicité par France Télévisions. « Je rends service à des amis, c’est tout. Vous imaginez bien que je n’ai jamais reçu un centime de lui, pas plus que ma fille Caroline n’a reçu un centime de lui », ajoute-t-il.
Aucune charge ne pèse contre Jack Lang, 86 ans, et sa présence dans ces trois millions de documents n’implique de sa part aucun acte répréhensible. Ce dernier plaide la bonne foi ou la « naïveté » pour justifier ses échanges avec Jeffrey Epstein. Mardi sur France 2, il a affirmé qu’il était « tombé de l’armoire » quand il avait « appris les crimes abominables commis » par le financier américain. Caroline Lang est, elle aussi, citée dans les nouveaux documents dévoilés par les autorités américaines. Elle avait créé avec Jeffrey Epstein une société basée dans les Îles Vierges américaines pour faire du mécénat. L’homme d’affaires a décidé dans son testament de lui verser cinq millions de dollars. Caroline Lang assure n’avoir jamais touché cet argent.







