Selon la FNSEA, certains distributeurs seraient susceptibles de faire grimper les tarifs de façon délibérée afin de profiter d’une pénurie potentielle. Le syndicat agricole invite donc le gouvernement à exercer une surveillance sur l’évolution des prix.
Yannick Fialip, président de la commission économique de la FNSEA, agriculteur et éleveur installé en Auvergne-Rhône-Alpes, a demandé jeudi 12 mars sur 42mag.fr une transparence totale des stocks de gazole non routier (GNR) et souhaite que le gouvernement fasse « mettre sous surveillance » les distributeurs afin d’éviter qu’ils n’augmentent les prix de manière artificielle, et ce au sortir d’une séance ministérielle à Bercy réunissant des représentants du monde agricole, du secteur des carburants et des engrais.
L’éleveur a pris part à cette réunion axée sur les répercussions de la guerre au Moyen-Orient sur l’agriculture et sur la hausse des coûts du GNR. Il a exhorté certains distributeurs à cesser de « jouer sur une potentielle pénurie » et, selon lui, « l’ensemble des distributeurs présents autour de la table ont bien rappelé qu’il n’y avait pas de pénurie », a-t-il précisé.
La progression des prix des engrais azotés s’ajoute à celle du carburant
Yannick Fialip a évoqué la nécessité de surveiller des distributeurs qui « faisaient monter artificiellement les prix ». Pour une exploitation moyenne qui pratique la production céréalière ou l’élevage, les achats de gazole représenteraient entre 10 000 et 15 000 euros par an. Avec la montée des prix du GNR, la facture grimpe entre 20 000 et 25 000 euros, soit environ 10 000 euros de plus par exploitation annuellement. Depuis le début du conflit, le gazole non routier, utilisé par les engins agricoles, est passé de 1,28 €/l à 1,71 €/l, selon des chiffres du gouvernement.
Autre préoccupation : la hausse des prix des engrais azotés, employés au printemps pour favoriser la croissance des végétaux et améliorer les rendements. Ils ont bondi de 450 €/tonne à un peu plus de 510 €/tonne depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. « Les engrais représentent environ 30 % des charges opérationnelles. Si leur coût doubler, cela pourrait se traduire par une augmentation de l’ordre de 15 à 20 000 euros supplémentaires par exploitation », précise-t-il, ce qui impacterait les récoltes. « Dès cette année, on pourrait voir les agriculteurs bloqués si les prix des engrais doublent », avertit-il, ajoutant que cela pourrait aussi conduire à des rendements plus faibles. « Il y aura aussi des prix plus élevés en raison d’un phénomène de rareté de la production au niveau européen », assure-t-il.







