Un jeu vidéo qui s’apparente à un film d’animation. On y suit un poulpe qui tente de s’évader, une mouette aux sourcils prononcés et des humains « qui ne sont absolument pas des extraterrestres » ? Voilà le concept du titre français Darwin’s Paradox, sorti jeudi sur PC, Nintendo Switch 2, PlayStation 5 et Xbox Series. On l’a testé.
Imaginez-vous dans la peau d’un poulpe. Comment vous déplaceriez-vous dans l’eau et sur la surface sèche ? Comment parviendriez-vous à échapper à une usine de conserves dirigée par des extraterrestres ? Autant de questions auxquelles les Parisiens de ZDT Studio répondent avec Darwin’s Paradox, publié le 2 avril. Ce « plateformer 2D » signé Konami se révèle efficace, drôle et malicieux, et sait dépoussiérer un genre trop souvent cantonné à la simple mécanique de la vitesse et du saut.
Ici, la réflexion ne se limite pas au sol, à la gravité ou aux plates-formes. Votre mobilité s’étend sur les murs et même au plafond. À chaque saut, vous pouvez atteindre le bord du cadre.
Réfléchir, se cacher, s’enfuir
La progression s’enrichit de puzzles courts conçus pour ouvrir des chemins multiples menant vers d’autres petites énigmes (actionner des leviers dans le bon ordre, déjouer une caméra, etc.).
Le périple intègre des séquences d’infiltration à la manière de Metal Gear Solid (avec de multiples clins d’œil) où l’on peut se dissimuler derrière des meubles, se camoufler grâce à nos pouvoirs de poulpe, ou se glisser dans l’entrebâillement d’une porte. Des phases de poursuites viennent encore étoffer ce triptyque « réfléchir, se cacher, fuir », très efficaces et qui évoluent au fur et à mesure des niveaux.
Poulpe Fiction
Au-delà du simple gameplay, la narration et l’humour constituent l’un des autres atouts majeurs du titre. Darwin évolue dans un univers animé, tandis que l’arrière-plan raconte une autre histoire: des extraterrestres qui prennent l’apparence d’humains et qui ont pris les commandes d’une entreprise agroalimentaire baptisée « UFOOD » (ou UFO-OD, selon les moments). Des aliens peu intelligents qui ourdissent une conquête planétaire grâce à un produit « qui contrôle les esprits » et à une propagande présente dans les journaux locaux. En pleine satire des médias, des multinationales et des théories complotistes, on suit ce poulpe perdu, qui cherche à trouver son océan et à s’échapper de ce monde enfermé.
Tout l’univers est raconté comme un film d’animation interactif, puisant ses inspirations dans le cinéma de science-fiction des années 1950 (le design des extraterrestres rappelle Planète interdite, sorti en 1956) et même chez les Looney Tunes (le duo poulpe-mouette évoque les rivalités Titi-Grosminet ou Tom et Jerry). L’histoire est portée par la mise en scène elle-même, sans dialogues — quelques pages de journaux disséminées en cours de route suffisent à comprendre les intentions des antagonistes et les émotions de cette pieuvre extraordinairement expressive.
Artistiquement, il se balade
Propulsé par le moteur Unreal Engine, ce premier titre du studio parisien exhibe une véritable prouesse visuelle et artistique, fidèle à l’esprit du cinéma d’animation, proche de ce que produisent DreamWorks ou Pixar. L’atmosphère sombre des décharges et des usines chimiques, les séquences océaniques et l’animation fluide des personnages témoignent d’un travail remarquable. Quelques passages peuvent sembler moins inspirés que d’autres et certaines sections de plateforme demandent une grande précision, mais rien d’insurmontable.
Avec Darwin’s Paradox, ZDT Studio se jette dans le grand bain et s’impose comme un futur grand nom du jeu vidéo français, à l’image de Sandfall Interactive et de son succès international Clair Obscur : Expédition 33.
Darwin’s Paradox est disponible sur PC, Nintendo Switch 2, PlayStation 5 et Xbox Series.







