Face à l’augmentation des coûts et aux tensions géopolitiques croissantes, les salariés et leurs représentants syndicaux exigent d’élargir le recours au télétravail afin de limiter les dépenses et les déplacements. Favorisé en Europe et déjà renforcé en Asie, ce mode de travail pourrait connaître un nouvel essor et s’imposer à nouveau.
Face à la montée vertigineuse des prix des carburants, le télétravail va-t-il reprendre de l’ampleur ? C’est l’une des solutions envisagées pour limiter les déplacements et alléger la facture pour les salariés fortement dépendants de la voiture, alors que les trajets domicile-travail deviennent de plus en plus coûteux, vendredi 3 avril. Par ailleurs, des représentants syndicaux, Force ouvrière notamment, indiquent constater ces derniers temps que des salariés sollicitent leurs directions pour obtenir davantage de souplesse concernant le télétravail.
D’ores et déjà, certains employeurs n’ont pas attendu pour autoriser ceux qui peuvent à effectuer leur travail à distance. Selon l’Insee, avant même la crise au Moyen-Orient, près d’un quart des Français pratiquaient le télétravail de façon régulière, avec des écarts importants selon les catégories professionnelles : deux tiers des cadres, mais seulement une personne sur dix dans le reste de la population. En moyenne, l’autorisation de télétravailler représentait un à deux jours par semaine. Avec la guerre au Moyen-Orient, ce niveau pourrait monter très rapidement.
Le télétravail figure parmi les recommandations de la Commission européenne. Tout comme le covoiturage ou la réduction de la vitesse sur les routes, Bruxelles pousse à privilégier le télétravail afin de diminuer notre consommation de pétrole. Face aux pénuries de carburant déjà rencontrées, certains États d’Asie ont d’ailleurs pris des mesures; En Indonésie, par exemple, le gouvernement impose désormais un jour de télétravail pour l’ensemble des fonctionnaires. En Malaisie, à partir du 15 avril, les salariés sont invités à rester chez eux. Au Vietnam, les autorités encouragent le télétravail. Le Sri Lanka a, pour sa part, instauré une semaine de travail de quatre jours.
L’exécutif reste, pour l’instant, en retrait
En France, le gouvernement ne prend pas position pour l’instant, estimant qu’il ne souhaite pas s’immiscer dans la gestion des entreprises et juge que ce sont elles qui doivent s’organiser en fonction de leurs contraintes. Si la crise venait à perdurer, l’exécutif pourrait toutefois intervenir. Rappelons qu’au moment de la crise sanitaire, c’est bien le gouvernement qui avait encouragé le recours au télétravail. C’est d’ailleurs à partir de ce contexte que la pratique s’est durablement installée.
Sur le sujet du télétravail, les entreprises avaient plutôt reculé ces derniers temps. Si personne n’en parlait comme d’un retour inévitable, en 2025, seulement une entreprise sur dix avait pris des mesures visant à limiter le télétravail, et l’élan général n’avait plus vraiment la même vigueur auprès des dirigeants. Début 2026, par exemple, la Société générale a été confrontée à de vives tensions sociales après avoir restreint le télétravail. Aujourd’hui, ce même établissement revoit sa position et encourage le télétravail dans certaines circonstances. Et cela ne tient pas uniquement à l’envolée des prix à la pompe. C’est aussi une manière de se prémunir face à d’éventuelles menaces terroristes. Suite à l’attentat déjoué contre Bank of America à Paris, les banques, en particulier les américaines, incitent de nombreuses fois leurs salariés à rester chez eux. Le télétravail s’impose ainsi comme une mesure de sécurité supplémentaire.







