À l’issue du premier tour de l’élection présidentielle précédente, le chef des insoumis avait exprimé son souhait d’être remplacé, selon ses propres mots. Quatre années plus tard, La France insoumise ne laisse guère planer le moindre doute sur l’identité de son candidat pour 2027. Sauf imprévu, Jean-Luc Mélenchon devrait porter, pour la quatrième fois, les couleurs du mouvement, sans concurrent interne significatif.
Alors que la gauche se dispute sur l’idée d’organiser une primaire pour désigner le candidat destiné à 2027, à La France insoumise, sauf surprise considérable, Jean-Luc Mélenchon se présentera pour une quatrième fois. Qui pourrait faire mieux que lui chez les insoumis ? Apparemment personne. « Faites mieux ! » était le mot d’ordre qu’il avait lancé à ses partisans après le premier tour de l’élection présidentielle, le 10 avril 2022. Il venait d’échouer à se hisser au duel final pour la troisième fois et aspirait à être « remplacé ». Il passait le relais à une relève d’insoumis dont il était fier d’avoir mis sur les rails. « Les plus jeunes vont me dire : “On n’y est pas encore arrivés ?” Ce n’est pas loin. Faites mieux ! » lançait alors Mélenchon. Il ajoutait même : « Une nouvelle page du combat s’ouvre… » Eh bien, quatre ans après, c’est toujours la même chose, avec le même nom en tête d’affiche.
Il n’y a nulle énigme: les insoumis ont adopté, mardi 21 avril, le mode de désignation de leur candidat. Le vote ne portait que sur un seul texte, qui a été approuvé… à 96,6 %. Et selon ce cadre, c’est la « coordination des espaces de La France insoumise », nom quelque peu pompeux que s’est donné le secrétariat, qui proposera une candidature. Et là aussi, un seul nom: « Je n’en ai pas d’autre à soumettre », a reconnu mardi sur 42mag.fr Manuel Bompard. On sait déjà que ce nom sera approuvé par l’ensemble des élus LFI, dans l’allégresse et à l’unanimité. « Notre méthode, c’est le consensus et il n’y aura pas de difficulté pour y parvenir », a assuré le député Paul Vannier. Officiellement, d’autres propositions de candidature pourraient exister, mais il faut vraiment être intrépide, voire légèrement suicidaire, pour se lancer…
Une opposition interne mise au silence
Nul n’est irremplaçable, certes, sauf à La France insoumise. Mélenchon a éteint tout embryon de démocratie interne en purgeant, au fil des années, celles et ceux qui souhaitaient simplement débattre: les députés François Ruffin, Clémentine Autain, Alexis Corbière, et bien d’autres… Par des débordements et des provocations, Mélenchon a fait fuir les voix fortes et réuni autour de lui une escouade de fidèles.
On a souvent raillé ici — et même encore ces derniers jours — les frictions entre élus qui, à gauche comme à droite, se déchirent autour du mode de désignation de leur champion. Pourtant, il faut admettre que les divisions du PS ou le chaos du bloc central présentent une certaine fraîcheur, presque un réconfort, en comparaison de l’ordre qui règne au sein de la maison Mélenchon, si bien huilée. Même à LFI, l’insoumission a ses limites.







