Le président Emmanuel Macron a exhorté les « compatriotes » de Nouvelle-Calédonie à forger un avenir commun mardi lors d’une visite historique, plus d’un an après le vote contesté des territoires d’outre-mer pour rester dans la France.
Macron est confronté à un défi de taille pour tracer une voie acceptable à la fois pour les loyalistes français et pour les indépendantistes, les Kanaks indigènes qui ont largement boycotté le référendum de décembre 2021 et rejeté son résultat.
« Ce n’est pas un point final, c’est un point-virgule », a déclaré Macron après une série de trois référendums sur l’indépendance au cours des cinq dernières années, qui ont tous rejeté l’indépendance de la France.
Il a laissé entrevoir la perspective d’un processus « lent, humble, exigeant » pour construire une « histoire commune » de la Nouvelle-Calédonie à travers un processus de « vérité et réconciliation ».
Avec la jeunesse de Nouvelle-Calédonie. https://t.co/niffpmH4nK
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) 24 juillet 2023
Dans des remarques séparées à la télévision française, le président a souligné que la série de référendums était « sans précédent ».
« Le choix qui s’est exprimé était de rester en France et dans la République », a-t-il déclaré, lors de sa première visite en Nouvelle-Calédonie en cinq ans.
« Je suis avec nos compatriotes en ces jours pour définir ensemble les bases de cette nouvelle voie, de ce nouveau projet d’avenir de la Nouvelle-Calédonie – respectueux de son identité, de son histoire mais à la lumière du choix qui a été fait. »
Les militants indépendantistes avaient boycotté le troisième référendum sur l’indépendance, arguant qu’une campagne équitable était impossible pendant la pandémie de Covid-19.
Le résultat du vote a alimenté les tensions ethniques, la communauté kanak indigène la plus pauvre préférant généralement l’indépendance à la communauté blanche la plus riche.
Macron, qui a assisté à une démonstration militaire française dans la capitale Nouméa, cherche également à réaffirmer l’importance de son pays dans la région du Pacifique, où la Chine et les États-Unis se disputent l’influence mais où la France possède des territoires tels que la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française.

Il a dû reconstituer une stratégie française dans la région depuis que l’Australie en 2021 a déchiré un accord pour que la France fournisse la construction d’une flotte de sous-marins à moteur diesel, optant à la place pour des navires à propulsion nucléaire de construction américaine et britannique.
La France compte près de 1,5 million de citoyens en Asie-Pacifique à travers ses différents territoires, ainsi que plusieurs milliers de soldats dont 1 600 en Nouvelle-Calédonie, a déclaré Macron, décrivant une région en « tension » alors que la Chine et les États-Unis étendent leurs empreintes.
Après sa première escale en Nouvelle-Calédonie, Macron doit effectuer les premières visites d’un président français en exercice au Vanuatu et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, où il devrait présenter une « alternative française » pour la région.
(Avec les agences de presse)