Le gouvernement a décidé de ne pas renouveler l’agrément de l’association, ce qui l’empêche d’intervenir dans des procédures judiciaires. Pour l’ONG, il s’agit d’une décision motivée par des considérations politiques et non par des critères légaux.
Le gouvernement n’a pas renouvelé l’agrément de l’association Anticor, ce qui signifie que celle-ci a perdu son sésame qui lui permettait d’agir en justice dans les affaires de corruption. Cette association, créée en 2002, est impliquée dans de nombreuses affaires, dont certaines célèbres et médiatiques, comme la plainte contre le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti. Elle a déposé des plaintes dans des cas très médiatisés, comme celui de l’attribution de la Coupe du monde de football au Qatar ou encore l’enquête sur Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Elysée. Anticor est également intervenue dans le volet russe de l’affaire Benalla, la cession de la branche énergie d’Alstom à General Electric et l’affaire Bygmalion.
Le gouvernement n’a pas donné d’explication sur sa décision de ne pas renouveler l’agrément de l’association, entraînant une opposition immédiate, principalement à gauche. Le gouvernement n’a pas justifié ce non-renouvellement et la décision a été contestée dans les milieux politiques et judiciaires. François Molins, procureur général honoraire près la Cour de cassation, a estimé qu’il serait « plus sain pour notre démocratie que ce ne soit pas le gouvernement qui statue sur les demandes d’agrément mais une autorité administrative indépendante comme la HATVP » (Haute autorité pour la transparence de la vie publique).