L’événement du festival dédié aux films asiatiques est le fruit de la réflexion de Martine et Jean-Marc Thérouanne qui a vu le jour en 1994. Le duo a su, depuis la première manifestation en 1995, transformer cet événement en une référence incontournable dans le monde du cinéma.
Le trentième Festival international des cinémas asiatiques de Vesoul aura lieu du 6 au 13 février. Cette édition met en avant le sujet de « l’engagement » et propose une exploration du cinéma taïwanais. Le festival présentera 90 films provenant de 29 pays allant du Moyen à l’Extrême-Orient comme le Kazakhstan, la Thaïlande ou le Népal. Dans la compétition se trouvent 17 longs-métrages, dont deux seront dévoilés en première mondiale et six en première européenne, tandis que quatre seront vus pour la première fois en France.
En relation avec le thème de « l’engagement », les organisateurs du festival mettront en lumière Made in Bangladesh (2019), un film de Rubaiyat Hossein, qui dépeint la vie des travailleuses de l’industrie vestimentaire à Dacca. Un autre film à l’honneur est un documentaire de Rithy Panh sur « Duch, le Maître des forges de l’Enfer » (2011), traitant d’un ancien tortionnaire des Khmers rouges dans une prison cambodgienne à la fin des années 1970.
A la tête du jury, Mohsen Makhmalbaf le réalisateur iranien
Nothingwood (2017), premier film réalisé par Sonia Kronlund, la productrice de l’émission « Les Pieds sur Terre » sur France Culture, fait aussi partie de la sélection. Tourné en Afghanistan, ce film dresse le portrait du réalisateur afghan Salim Shaheen.
Mohsen Makhmalbaf, réalisateur et producteur iranien, et pionnier de la nouvelle vague du cinéma iranien, est le président du jury de la compétition. Il sera chargé de remettre le Cyclo d’or, le prix le plus prestigieux du festival, au terme de celui-ci.
Le festival donne également un coup de projecteur sur « le cinéma de Taïwan » afin de mettre en évidence « l’évolution politique, économique, et sociétale » de l’île et sa « longue marche vers la démocratie », selon les propos de ses fondateurs Martine et Jean-Marc Thérouanne.
On y trouve notamment Exécution en automne, film de 1972 de Lee Hsing, qui aborde les thèmes de la culpabilité et de la rédemption à travers l’histoire d’un condamné à mort. Autre film à l’honneur : Salé Sucré de Ang Lee, une tragi-comédie qui suit le quotidien d’une famille taïwanaise dont les relations sont gouvernées par le domaine culinaire.
Un festival né « de l’amour pour l’Asie »
Avec comme seuls outils leur passion pour le septième art, leur amour pour l’Asie et une énergie débordante, Martine et Jean-Marc Thérouanne ont réussi à transformer le Festival international des cinémas d’Asie (Fica) de Vesoul en événement d’importance dans l’univers cinématographique. L’idée de ce festival a germé dans leur esprit en 1994. Pour marquer l’année suivant le centenaire de l’invention du cinéma par les frères Lumière, originaires de Franche-Comté, l’association des cinéphiles de Vesoul, alors sous la présidence de Martine Thérouanne, décide d’organiser un événement.
« Il fallait se différencier des nombreux festivals déjà présents sur le sol français », racontent les deux passionnés de cinéma, qui se sont rencontrés en Thaïlande en 1982. Leur histoire personnelle, leur amour pour la culture asiatique, et le manque, à l’époque, d’un festival français sur ce thème, ont conduit à la création du festival des cinémas d’Asie du Proche à l’Extrême-Orient.
La première édition a lieu sur cinq jours en avril 1995. Seulement 12 films sont projetés, attirant 1 500 spectateurs. Malgré une organisation plutôt sommaire, l’événement est une réussite et dès lors, le couple dédie tout son temps libre à la croissance de cette manifestation.