Une investigation comparable à celle qui ciblait le MoDem et l’UDF concernant leurs assistants parlementaires d’eurodéputés se focalise désormais sur le Rassemblement national.
« Ce verdict met en évidence que ce n’était rien d’autre qu’un simulacre orchestré par les technocrates et nos détracteurs de l’Union Européenne, qui ne tolèrent aucune forme d’opposition », critique le 5 février sur 42mag.fr le député RN de la Somme, Jean-Philippe Tanguy, membre du bureau national du Rassemblement national, en suivant la libération de François Bayrou dans le scandale des aides parlementaires Européennes du MoDem.
Jean-Philippe Tanguy insiste pour remémorer le « contexte » de l’époque quand a commencé le scandale des assistants de députés européens. « A ce moment-là, le MoDem était un parti rebelle, particulièrement opposé à la corruption que Mr. Bayrou fustigeait vigoureusement. En réalité, tous les partis rebelles de ce temps-là, le RN, le MoDem et les Insoumis, sont poursuivis pour d’infâmes raisons politiques. »
Le député RN se remémore l’époque « où François Bayrou se battait contre les oligarques du pouvoir, du temps de Nicolas Sarkozy », particulièrement sur « le sujet des autoroutes ». « Tout ça appartient au passé, mais à ce moment-là, Mr. Bayrou était une sorte de perturbateur. Tous les perturbateurs sont persécutés par le système », continue-t-il.
Un procès prévu en automne pour le RN
Jean-Philippe Tanguy ne « se réjouit pas » du fait que François Bayrou ait été libéré mais en « accepte le fait ». « Cela prouve que depuis le début, nous avons raison de contester ce stratagème juridique », pense-t-il. Néanmoins le membre du bureau national du RN ne veut pas faire un parallèle avec le procès qui attend Marine Le Pen en octobre et novembre prochains. « Marine Le Pen et tous nos élus sont bien sûr innocents de ce qu’on leur reproche », affirme le député. D’après lui, « le Parlement européen considère qu’un assistant parlementaire est privé de ses droits civiques et n’a pas le droit de faire de la politique. C’est une conception bureaucratique radicale de la démocratie ». Il estime que les « bureaucrates européens sont des gens qui ne tolèrent pas le vote populaire et qui considèrent que les députés et leurs équipes devraient cesser de faire de la politique et devenir eux-mêmes des technocrates ».
« Tous les Français ont le droit, en plus de leur travail, d’avoir une activité militante, syndicale, bénévole, associative, cela ne pose aucun problème », ajoute Jean-Philippe Tanguy. « Cependant, ça pose évidemment un problème aux technocrates qui, de toute façon, ne font pas campagne et ne rencontrent jamais les électeurs. »