L’actuel dirigeant du Conseil constitutionnel, parlant sur France Inter, a exprimé son opinion selon laquelle Robert Badinter « aurait fait un excellent président [de la République] », lui rendant ainsi un vibrant hommage.
Robert Badinter, une figure déjà présente dans nos cœurs
Laurent Fabius, actuel président du Conseil constitutionnel, déclare lors d’un entretien le samedi 10 février sur France Inter : « Robert Badinter occupe depuis longtemps une place dans le Panthéon de nos coeurs ». C’est avec une profonde tristesse qu’il communique la nouvelle du décès de cet ancien ministre de la Justice, un ami cher depuis près de 50 ans. Fabius ajoute : « La question est désormais de le faire entrer dans le véritable Panthéon. Si sa famille y consent, cela me paraît indiscutable ». Il rejoint ainsi l’opinion d’Adline Hazan, la présidente de l’Unicef en France sur 42mag.fr. Pour illustrer son propos, il cite la devise gravée sur le fronton du Panthéon : « Aux Grands Hommes, la Patrie reconnaissante ». Il n’y a aucun doute pour lui : « C’était un grand homme ».
Sur le réseau social Twitter, il montre son soutien à cette « panthéonisation » de Robert Badinter, en réaffirmant que cela ne fait aucun doute pour lui si la famille est d’accord.
Laurent Fabius se rappelle de la première fois où il a rencontré Robert Badinter. C’était il y a 49 ans, lorsque François Mitterrand l’avait chargé de l’élaboration d’une charte des libertés. À cette époque, Badinter cherchait, comme on dit, « un agrégé qui savait écrire ». Fabius, alors jeune agrégé rédacteur au Conseil d’État et militant socialiste, était précisément cette personne. Ils ont rapidement noué des liens d’amitié au fil de discussions diverses, qu’il s’agisse de libertés – le thème de leur collaboration – ou de rugby. Une complicité qui a duré toute leur vie, ponctuée de déjeuners mensuels, tantôt au Conseil constitutionnel, tantôt chez l’un ou l’autre.
« La politique ne lui plaisait pas vraiment »
C’est Robert Badinter qui avait introduit Laurent Fabius à l’ancien chef d’État, François Mitterrand. Fabius se souvient : « Nous avons préparé ensemble la campagne présidentielle de Mitterrand en 1980. Nous étions doués pour ce que l’on appelle aujourd’hui les ‘punchlines’, nous rédigeions les slogans ensemble. Nous étions extrêmement fiers lorsque Mitterrand reprenait nos formules lors de ses meetings ». Les deux hommes ont par la suite collaboré au sein du même gouvernement, Fabius occupant alors le poste de Premier ministre de Mitterrand. Pour décrire Robert Badinter, Fabius, aujourd’hui président du Conseil constitutionnel, le décrit comme « un homme extrêmement organisé, méticuleux, maîtrisant parfaitement le droit et porté par une ardente passion pour les diverses causes qu’il défendait ».
Fabius loue la sincérité des convictions de Badinter. Malgré ses importantes responsabilités au sommet de l’État, ce dernier n’avait, selon Fabius, « pas vraiment d’affection pour la politique ». Pour Badinter, « il y a d’importants compromis à faire entre l’idéal et la réalité ». Laurent Fabius rapporte que pour son ami, « l’idéal l’emportait toujours sur le réel ».
Selon lui, François Mitterrand aurait soutenu Badinter s’il s’était porté candidat à l’élection présidentielle. Fabius estime que son ami « aurait fait un président de la République remarquable ». Il souhaite également souligner que Robert Badinter était un passionné de musique, de littérature et de théâtre.