Avec ses 124 députés présents à l’Assemblée nationale, le Rassemblement national avait le pouvoir de faire pencher la balance lors du vote concernant la motion de censure que le Parti socialiste prévoyait de soumettre le lundi 17 février.
François Bayrou et la motion de censure au Parlement
François Bayrou semble sur le point d’éviter une nouvelle motion de censure, la sixième depuis qu’il a pris la tête du gouvernement à Matignon. Les élus du Rassemblement national ont en effet décidé de ne pas soutenir la motion de censure que le Parti socialiste envisage de présenter en début de semaine. Le dimanche 16 février, le porte-parole des députés du RN à l’Assemblée a expliqué cette décision. « Non, nous ne la soutiendrons pas, car le Parti socialiste a introduit cette motion uniquement pour contester les déclarations, pourtant raisonnables bien qu’insuffisantes, du Premier ministre sur le ‘sentiment de submersion’ migratoire », a précisé Thomas Ménagé, député du Loiret, lors d’une interview sur France Inter.
Des opportunités futures pour la censure
Thomas Ménagé a poursuivi en déclarant : « Il y aura peut-être d’autres moments propices pour censurer le gouvernement. Nous ne nous l’interdisons pas, que ce soit dans les mois à venir ou même les semaines prochaines… Mais le moment n’est pas encore venu ». Il a également évoqué ce qu’il considère comme une tentative de diversion de la part des socialistes, affirmant qu’ils essaient de se donner une image immaculée après avoir, selon lui, soutenu le gouvernement macroniste en ne le renversant pas sur la question du budget. Jean-Philippe Tanguy, un autre député du RN, a critiqué cette démarche sur LCI, soulignant que prétendre que le gouvernement mène une politique migratoire stricte serait faire preuve de trop de générosité à son égard.
Le Parti socialiste prépare sa riposte
Au début du mois de février, le Parti socialiste a annoncé son intention de déposer une motion de censure « spontanée » en vertu de l’article 49.2 de la Constitution. Cela fait suite aux propos de François Bayrou concernant le « sentiment de submersion » migratoire. Des sources parlementaires indiquent que ce texte pourrait être soumis dès lundi et débattu d’ici mercredi.