Elle souligne qu’il y a un an, un projet de loi a été voté à l’Assemblée, mais que le Sénat n’a pas encore pris l’initiative de l’examiner. Elle exhorte ce dernier à « fixer une date pour discuter du texte » dans le but de le faire entrer en vigueur rapidement. Ce texte contient de nouvelles sanctions pour punir les responsables de ces actes de violence.
« La protection de nos soignants doit devenir une priorité absolue. Leur présence est indispensable », insiste ce mercredi 12 mars sur 42mag.fr l’ex-ministre de la Santé Agnès Firmin-Le Bodo, actuelle députée Horizons de la Seine-Maritime. Elle réagit à l’appel du Collectif du 12 mars, qui rassemble une quinzaine de syndicats et associations représentant des médecins, infirmiers et pharmaciens, incitant ces derniers à « fermer leurs cabinets » pour exprimer un « ras-le-bol » face aux violences dont ils sont victimes.
Agnès Firmin-Le Bodo rappelle qu’un projet de loi relatif à la sécurité des professionnels de santé avait été approuvé par l’Assemblée en 2024 et exhorte maintenant le Sénat à en faire de même. « Cela fait presque un an, soit depuis le 14 mars, que cette loi a été votée », souligne-t-elle, se référant au plan interministériel qu’elle avait proposé en septembre 2023 pour la sécurité des soignants. Ce plan, comportant 42 mesures, a été intégré dans une proposition de loi présentée par l’ancien député Philippe Pradal (Horizons). Cette dernière a reçu un large consensus à l’Assemblée nationale en mars 2024. « Malheureusement, le Sénat n’a pas encore adopté ce texte », précise Agnès Firmin-Le Bodo.
« Selon l’Ordre des médecins, plus de 30 000 professionnels subissent des agressions chaque année »
Son « enjeu principal » est aujourd’hui « que cette législation introduisant de nouvelles sanctions soit enfin votée ». Elle enjoint le Sénat à « consacrer une journée à débattre de ce sujet, pour l’approuver comme l’a fait l’Assemblée » dans le but de « mettre rapidement en œuvre » les mesures proposées.
Selon le Collectif à l’origine du mouvement de ce mercredi, les agressions contre le personnel soignant sont en nette augmentation. L’Ordre des médecins, chargé de recueillir les déclarations des médecins libéraux, a pour sa part noté « en 2023, une augmentation de 21% des incidents en un an, avec plus de 30 000 agressions de professionnels chaque année, dont 45% concernent les infirmiers ».
« Les chiffres officiels ne racontent pas toute l’histoire, de nombreuses violences ne sont pas signalées parce que les soignants estiment que cela n’aboutira à aucune conséquence concrète », déplore Agnès Firmin-Le Bodo. De plus, elle insiste sur le fait qu’« il est temps de ne plus minimiser les insultes verbales ». Elle estime qu’il est crucial de « travailler avec le système judiciaire pour affirmer que les agressions contre les professionnels de santé sont inacceptables ».