Les travaux ont démarré mardi, marquant la pose de la pierre inaugurale du projet qui doit devenir une gigafactory. ProLogium prévoit d’y produire 8 000 batteries dès 2028, puis d’accroître progressivement sa capacité de production.
Un temps fort symbolique mardi 10 février, qui marque le lancement prochain de la gigafactory du groupe taïwanais ProLogium à Dunkerque (Nord), avec la pose de la première pierre en présence d’un grand nombre d’élus et de personnalités. Le projet avait été dévoilé lors du sommet Choose France en 2023 et il est prévu de représenter un investissement total supérieur à 5 milliards d’euros, même s’il a connu quelques retards.
Pour l’instant, il s’agit encore d’un vaste terrain vide de 100 hectares, situé juste en face de la gigafactory récemment inaugurée par le Français Verkor. Néanmoins, ce site est promis à une transformation et à devenir, à son tour, une gigafactory. « Nous visons d’établir ici à Dunkerque une gigafactory d’ici 2028 avec une capacité initiale de 0,8 GWh permettant la fabrication de 8 000 batteries, puis 4 GWh en 2030 et 12 GWh en 2032 », précise Vincent Yang, PDG et fondateur de ProLogium. Et les objectifs pourraient même être encore plus ambitieux : 48 GWh d’ici la fin des années 2030. Cela permettrait d’équiper jusqu’à 500 000 véhicules par an avec une batterie dite solide en céramique au lithium, dont le développement connaît un calendrier plus lent que prévu.
Ce décalage d’environ deux ans par rapport au calendrier initial n’effraie toutefois pas le ministre de l’Économie. « Cela a été observé pour les chemins de fer, ça a aussi été le cas auparavant pour les aciéries. Il y a des hauts et des bas, rappelle Roland Lescure. Et le rôle de l’État, lorsque les bas se présentent, c’est d’accompagner ; lorsqu’il y a des hauts, il faut savoir se réjouir. Aujourd’hui, nous sommes en train de bâtir dans ce secteur une usine de demain qui nous permettra de vivre des périodes de croissance, j’en suis convaincu ».
Le groupe vise la création de 3 000 emplois
ProLogium annonce par ailleurs qu’il partagera prochainement des partenariats pour sa batterie, qui est pensée pour offrir une meilleure sécurité, une autonomie accrue et des recharges plus rapides que les modèles actuels. « Il existe des partenaires dans le domaine des mobilités douces, notamment les vélos électriques, décrit Pascal Cerruti, directeur des affaires publiques du groupe en Europe. Des coopérations se développent aussi dans la robotique, avec des robots humanoïdes, qui ont besoin de solutions énergétiques adaptées », précise-t-il.
« Il faut garder à l’esprit que, même si ce projet ici, à Dunkerque, vise à 90 % les véhicules électriques, il existe une grande diversité d’applications possibles. »
Pascal Cerruti, directeur des affaires publiques de ProLogium en Europeà 42mag.fr
Les ambitions en matière d’emploi restent élevées : environ 3 000 postes pourraient être créés dans les années à venir si tout se passe comme prévu, même si l’ouverture opérationnelle de l’usine est envisagée avec seulement 350 salariés au démarrage en 2028.







