Le groupe automobile affiche une perte importante pour l’exercice 2025, notamment en raison d’une demande sur les véhicules électriques qui s’est avérée inférieure aux prévisions. D’autres entreprises ont, par ailleurs, connu dans le passé des pertes d’envergure.
L’exercice en cours s’avère pénalisant pour Stellantis. Le groupe voit ses volumes de vente de véhicules électriques moins soutenus que prévu, ce qui se traduit par une perte nette atteignant 22,3 milliards d’euros pour 2025. Cette somme place Stellantis à la deuxième position des plus fortes pertes jamais révélées par une entreprise française.
Des pertes d’un tel ampleur n’étaient plus apparues depuis plus de deux décennies. Pour trouver des comparable, il faut remonter à 2002, année marquée par l’explosion de la bulle Internet qui a lourdement frappé deux groupes tricolores : Vivendi et France Télécom.
Le record absolu de perte annuelle est encore détenu par Vivendi. Après une période de croissance dans les années 1990, qui les avait conduits à acquérir les studios Universal, le groupe connaît un coup d’arrêt brutal en 2002 et perd près de 23 milliards d’euros. Le cours de l’action spectaculaire chute d’environ 80% sur douze mois. Le PDG très médiatisé, Jean-Marie Messier, quitte alors ses fonctions.
Cette même année, France Télécom traverse également de vives turbulences avec une perte d’environ 21 milliards d’euros, mais pour des raisons distinctes. La société est surtout entravée par une dette colossale avoisinant les 70 milliards d’euros. À l’époque, les médias évoquent même la France Télécom comme l’entreprise la plus endettée du monde.
Des antécédents chez EDF et à la Société générale
D’autres exemples existent plus près de nous, bien que leurs pertes soient moindres que celle annoncée récemment par Stellantis. On peut ainsi citer EDF, qui a perdu environ 17 milliards d’euros en 2022 pour plusieurs raisons. D’abord, une partie des centrales nucléaires a été immobilisée pour des opérations de maintenance, tandis que les prix de l’énergie montaient en flèche avec le déclenchement du conflit en Ukraine. Le bouclier tarifaire mis en place cette même année par le gouvernement, destiné à freiner la hausse des factures des ménages, a fini par coûter cher à EDF, qui sera ensuite renationalisée l’année suivante.
On peut aussi rappeler le dossier de la Société générale, qui a enregistré une perte d’environ cinq milliards d’euros en 2008 à la suite de l’affaire Kerviel. À l’époque, cet épisode a suscité beaucoup de bruit médiatique, même s’il demeure nettement moins lourd que le chiffre affiché par Stellantis aujourd’hui.







