Des marins-pêcheurs corses manifestent leur fureur ce mardi 7 avril. Dès les premières heures de la journée, ils se mobilisent et entravent les principaux ports de l’île, paralysant le trafic maritime, ferries compris. Ils affirment être déterminés. Un reportage sur place permet d’en suivre l’évolution.
Ce passage constitue un extrait de la retranscription du reportage évoqué ci-dessus. Pour le voir en intégralité, cliquez sur la vidéo.
Des paquebots cloués sur place, à quelques pas de l’arrivée dans la baie d’Ajaccio (Corse-du-Sud). Les géants des mers entourés par une vingtaine de petites embarcations. À bord, des pêcheurs fâchés face à la hausse des prix du carburant. Pour eux, la remise d’environ 0,20 euro le litre à la pompe n’est pas suffisante. « On est au fond du gouffre, véritablement en train de dépérir. Sans mesures pour sauver cette profession, ce sera la fin de toute la profession », avertit Joseph Sanna, du syndicat indépendant des pêcheurs.
Des tarifs en moyenne d’environ 0,30 € de plus
Sur l’île, le coût du carburant est en moyenne supérieur d’environ 0,30 € par rapport au continent. Les pêcheurs exigent la suppression de cet écart. C’est pourquoi cinq ports corses ont été bloqués. À Bastia (Haute-Corse), des voyageurs retenus en otage patientent tant bien que mal. Certaines personnes se montrent plus tolérantes que d’autres : « Sur une courte période, pendant des vacances où l’on prévoyait seulement une semaine, cela fait perdre un jour. Mais au fond, sur le principe, je comprends la cause », raconte une jeune femme. « Nous sommes solidaires, mais il ne faut pas que cela dure deux ou trois jours », ajoute un passant.
La même interrogation s’applique aux automobilistes en attente d’embarquement sur le quai. Bloqués des heures durant, on leur sert de l’eau. Des motards venus en vacances craignent pour leur retour : « Nous devons reprendre le travail demain matin, nous avons déjà perdu cinq heures à l’aller pour un autre souci. Aujourd’hui, cela risque d’être la journée, j’imagine », soupire l’un d’eux. Les pêcheurs corses attendent des mesures concrètes avant de lever le blocus.







