L’arrivée tant attendue de Pokémon Pokopia sur la Nintendo Switch 2 a eu lieu ce jeudi 5 mars. Ce titre réunit des éléments de crafting, de décoration et d’aventure, et il a rapidement séduit les critiques de la presse spécialisée ainsi que les streamers aguerris qui connaissent bien la licence. Mais alors, que vaut vraiment Pokopia ? Nous l’avons pris en main et testé !
Les jeux Pokémon déclenchent toujours des réactions vives, mais ces dernières années, la série n’a pas réussi à faire l’unanimité chez la critique. Des graphismes qui peinent à suivre les standards actuels, des soucis d’affichage, des bugs récurrents, et un manque d’adhésion envers le scénario ont nourri les critiques autour de “Pokémon Legends Z-A” et “Pokémon Écarlate et Violet”.
Et quelle ne fut pas la surprise des joueurs du monde entier lorsque, le 12 septembre dernier, a été annoncé Pokopia. Un spin-off de l’univers Pokémon qui promettait un mélange entre Animal Crossing et Minecraft. Étrange, certes. Et pourtant, peu avant sa sortie, les premières impressions de la presse spécialisée sont tombées sans appel : Pokopia serait devenu le jeu Pokémon le mieux noté de l’histoire de la licence. 18/20 sur Jeux Vidéo.com, 9/10 selon IGN, 10/10 pour VGC. La question est : est-ce vraiment mérité ?
Pokopia, une agréable surprise
Dès l’ouverture, le ton est donné. Nous prenons le rôle de Métamorphe, ce Pokémon capable de se transformer en n’importe quelle forme. L’apparence choisie est celle de son ancien dresseur. Un Carapuce sauvage apparaît. Tentons de clarifier tout de suite : ici, pas d’attaque Boule d’O ni de capture classique. Ce Carapuce paraît affamé. Sans hésiter, notre Métamorphe imite sa capacité “pistolet à eau” et l’arrose pour le réhydrater et discuter avec lui. Le petit Carapuce est alors prêt à nous aider dans une tache titanesque: ranimer une terre post-apocalyptique, aride, désertée de Pokémon et d’humains, au milieu des ruines d’un monde autrefois prospère. En chemin, on croise de nouveaux compagnons: un Bulbizarre qui souhaite qu’on lui construise un lit, une Apireine qui demande un parterre de fleurs, et même un Insécateur qui propose de couper des rondins et nous fournit les matériaux nécessaires pour avancer.
Nous voilà embarqués dans une aventure à notre propre rythme, et c’est sans doute là la grande force de ce titre. Si les graphismes restent simples et mignons (la performance n’a jamais été le point fort de Pokémon), c’est bel et bien son gameplay et la promesse qu’il tient admirablement qui ont convaincu les critiques et les amateurs du style “familial et apaisant”. Plus proche d’un Dragon Quest Builders que d’un RPG à l’ancienne, Pokopia s’impose comme le jeu cosy idéal pour les fans, avec une invites à prendre son temps, explorer l’environnement et parcourir les différentes cartes à la recherche de lieux insoupçonnés, façon Minecraft. Dans une actualité marquée par l’anxiété collective, cette bulle d’oxygène, à l’image d’Animal Crossing New Horizons au début de la pandémie, a peut-être joué un rôle majeur dans ce succès. Un jeu sans pression (et sans surchauffe de compétitivité: même les combats coûtent juste deux PP, les connaisseurs savent).
Répétitif ? Oui… mais pas complètement
Si vous aimez la rapidité, prenez garde avec ce titre. Certaines tâches, comme l’édification de structures imposantes, vous obligent à revenir le lendemain réel pour découvrir le résultat obtenu par vos partenaires Pokémon. Impossible donc d’avancer à la vitesse d’un speedrun et de boucler l’histoire en une seule journée. Avec le temps, le risque est également de se lasser des missions les plus répétitives: fabriquer un objet, le placer au bon endroit, attendre l’apparition d’un nouveau Pokémon, lui fabriquer un canapé et recommencer.
Cependant, contrairement à Animal Crossing, l’univers du jeu cache une trame un peu plus profonde que ce que l’on pense au premier abord. Notre Pokémon se souvient d’une époque où les humains existaient encore. Que s’est-il passé pour qu’ils disparaissent ? Pourquoi ce décor évoque-t-il une fin du monde ? Que signifient toutes ces notes dispersées un peu partout sur l’île ? Qui est ce Pikachu triste et gris ? S’agit-il d’un récit autour de l’abandon ? Que cache Pokopia ?
70 euros, la team racket ?
Le principal point noir pouvant refroidir certains joueurs de Switch 2 est son tarif: 70 euros. Aucune surprise pour une des franchises les plus lucratives du marché. Un prix qui ne devrait guère baisser dans les mois qui viennent, en raison de la politique de Nintendo et de la Pokémon Company, décidées à ne jamais dévaluer les jeux de leurs licences phares. Un tarif élevé, certes, mais qui reste cohérent pour un titre estampillé Pokémon et destiné à durer dans le temps.
Il y a quelques semaines déjà, à l’occasion de la réédition sur Switch des versions Game Boy Advance Rouge et Vert Feuille, vendues 20 euros pour un jeu vieux de 20 ans (sans améliorations graphiques notables), la polémique avait enflammé une partie des fans de la saga. Pourtant, les deux opus en pixel-art continuent d’occuper les meilleures places des ventes Switch en France au début du mois de mars et Pokopia, lui, domine les tops des ventes sur Switch 2… Une stratégie commerciale qui porte ses fruits, à n’en pas douter.







