Catherine Chabaud, invitée sur le plateau des « 4V », occupe le poste de ministre déléguée à la Mer et à la Pêche et réagit au remaniement gouvernemental. Elle défend une approche globale et intégrée de la politique maritime et appelle à une meilleure valorisation des filières liées à la pêche et à l’aquaculture, en particulier lors du Salon de l’Agriculture. Lorsqu’elle est interrogée sur la diminution des quotas de maquereau et sur la restriction imposée à la pêche de loisir, elle assume des choix fondés sur la conservation des ressources et sur la nécessité de préserver l’avenir des pêcheurs professionnels, dans un contexte de réchauffement climatique et de tensions entre les États européens concernant l’application des quotas.
Ce passage provient d’une portion de la transcription de l’entretien mentionné ci-dessus. Pour visionner l’intégralité, cliquez sur la vidéo.
Astrid Mezmorian : On parle donc d’un remaniement relativement modeste. Le gouvernement Lecornu III est-il vraiment lancé ?
Catherine Chabaud : Oui, apparemment, depuis hier. Je suis ravie d’accueillir de nouvelles façons de travailler, notamment Catherine Pégard au ministère de la Culture, qui remplace Rachida Dati. Je ne connais pas encore personnellement Catherine Pégard, mais j’ai appris qu’elle est fille d’un officier de la marine marchande, ce qui constitue un point commun entre nous.
Un point commun qui vous rapproche.
En effet. De plus, elle siège au conseil d’administration de la Cité de la Mer. Nous aurons sans doute l’occasion d’échanger. Les enjeux liés à la mer sont extrêmement vastes : ils concernent aussi bien le patrimoine maritime que l’archéologie sous-marine, qui relève de son portefeuille. Nous aurons assurément des sujets à discuter ensemble.
Quatre nouveaux ministres font aussi leur entrée : Camille Galliard-Minier, ministre de l’Autonomie et des Personnes handicapées ; Jean-Didier Berger, qui vient épauler le ministère de l’Intérieur ; et Sabrina Agresti-Roubache, qui effectue son retour à la Formation professionnelle. Selon vous, s’agit-il de profils motivés pour les mois à venir et proches du président de la République ?
Je ne les connais pas personnellement. Depuis ma nomination en octobre, j’ai toutefois à cœur d’aller à la rencontre de mes collègues, car la mer affecte pratiquement l’ensemble des portefeuilles ministériels. Mon intention est de diriger une politique maritime vraiment intégrée. La mer représente un enjeu énergétique, un enjeu de formation professionnelle, et bien d’autres encore. Il est donc essentiel de travailler de manière transversale.
La violence en politique est un sujet récurrent. Vous qui venez de la société civile, comment vivez-vous cette réalité ?
C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles j’ai longtemps hésité avant de m’engager en politique. Je n’aime ni le dogmatisme ni les positions extrêmes, qui me rebutent profondément. La violence n’a pas sa place en politique. La politique devrait viser l’intérêt général. Nous devrions tous poursuivre cet objectif, même si ce n’est pas toujours le cas.
Dans votre esprit, l’ultra-droite et l’ultra-gauche se valent-elles ?
Oui.
Vous étiez hier au Salon de l’Agriculture aux côtés du Premier ministre. Vous souhaiteriez d’ailleurs le rebaptiser. Sous quel nom ?
Je proposerais de l’appeler le Salon de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Aquaculture. Nous consommons du poisson chaque semaine, et les pêcheurs comme les aquaculteurs apportent une contribution directe à notre alimentation. Or, 80 % des produits de la mer que nous consommons sont importés. Il existe donc un véritable enjeu à privilégier les produits issus de nos pêcheurs et de nos agriculteurs, notamment dans la restauration collective et les cantines.
Concernant le maquereau, les quotas européens ont été réduits de 70 %. Pour quelles raisons ?
Le réchauffement climatique entraîne une accélération des phénomènes océaniques. De nombreuses espèces migrent vers le nord ou disparaissent, tandis que d’autres deviennent invasives. Le maquereau, lui, a migré vers le nord. L’an dernier, la France disposait de 16 000 tonnes à répartir ; nous sommes aujourd’hui descendus à 2 000 tonnes. Nous avons néanmoins réussi à préserver ce volume grâce à une minorité de blocage lors des négociations de décembre. Il ne s’agit pas d’une « guerre du maqureau », mais certains États du Nord ne respectent pas pleinement les quotas.
Pourtant, la France n’est pas responsable de la surpêche. Vous avez néanmoins choisi d’associer la pêche de loisir à l’effort requis.
Ma priorité est d’assurer la continuité de l’activité de pêche et de maintenir des pêcheurs professionnels sur nos littoraux. Je pense que chacun doit participer à l’effort collectif. Nous avons donc légèrement réduit les quotas pour la pêche de loisir.
Légèrement ? La limite est désormais fixée à cinq maquereaux par jour et par personne.
Ce chiffre représente à peine au-dessus de la consommation moyenne. Je connais de nombreux pêcheurs de loisir : c’est un secteur économique dynamique, mais aussi un mode de vie et une manière de découvrir le milieu marin. Je n’entretiens aucune hostilité envers la pêche de loisir.
Cette décision vous a valu un courrier signé par 17 députés.
Pour l’instant, la règle demeure à cinq maquereaux par jour et par personne, ce qui est déjà significatif. Nous ajusterons ces dispositions en fonction de l’évolution des stocks. Il est indispensable de s’adapter à l’état des espèces.
Ce passage provient d’une portion de la transcription de l’entretien mentionné ci-dessus. Pour visionner l’intégralité, cliquez sur la vidéo.







