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Accueil » Actualités » Actualité divertissement » Marusya Syroechkovoskaya, réalisatrice russe: « Filmer m’a donné le sentiment de faire quelque chose de ma vie » – Documentaire « How to save a dead friend » sur la génération post-soviétique sacrifiée
Actualité divertissement Cinéma Culture

Marusya Syroechkovoskaya, réalisatrice russe: « Filmer m’a donné le sentiment de faire quelque chose de ma vie » – Documentaire « How to save a dead friend » sur la génération post-soviétique sacrifiée

Simon BornsteinPar Simon Bornstein27 juin 2023
“Filmer m’a donné le sentiment de faire quelque chose de ma vie” : rencontre avec Marusya Syroechkovoskaya, réalisatrice russe du documentaire “How to save a dead friend”
              Dans ce documentaire choc, Marusya Syroechkovoskaya raconte les premières années de sa vie d'adulte, tragiques, et plus largement le désespoir d’une génération post-soviétique sacrifiée.
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Dans ce film documentaire bouleversant, Marusya Syroechkovoskaya relate les années initiales de son existence adulte, marquées par la tragédie, et plus globalement, elle aborde le désarroi d’une génération post-soviétique qui a été sacrifiée.

Pendant une douzaine d’années, la réalisatrice russe Marusya Syroechkovoskaya a enregistré sa vie et celle de Kimi, qu’elle considère comme son âme sœur, dans ce qu’elle appelle « la Russie de la déprime ». À partir des images recueillies au fil des ans, ainsi que de photos, sons et musique, elle a créé un documentaire d’une grande intensité, qui sortira dans les salles le 28 juin.

Nous avons rencontré Marusya Syroechkovoskaya en marge d’une étape parisienne de sa tournée française, lors de laquelle elle présente son film dans de nombreux cinémas. Vêtue d’un débardeur vert et portant une grosse valise de la même couleur, la réalisatrice affiche un sourire radieux et nous confie les secrets de la réalisation de ce documentaire émouvant.

Elle nous explique qu’elle était une adolescente très dépressive, ayant du mal à exprimer ses sentiments ou à demander de l’aide. La caméra a donné du sens à ce qui l’entourait et l’a aidée à communiquer avec les autres. À ce moment-là, ces séquences étaient pour elle de simples archives personnelles. Il lui a fallu deux ans pour pouvoir les regarder, tant elles étaient douloureuses. C’est seulement en 2018, deux ans après la mort de Kimi, qu’elle a commencé à travailler sur le film.

Son intention première était de permettre à ceux qui n’avaient pas eu la chance de connaître Kimi de le rencontrer et de le voir avec les mêmes yeux qu’elle. Elle voulait montrer cet homme qu’elle aimait profondément, avec ses forces et ses faiblesses. Elle espère également que le film aidera le public à mieux repérer les premiers signes d’autodestruction chez les personnes qui leur sont proches. Il ne s’agit pas seulement de drogue ou de dépression, mais d’une incapacité à trouver sa voie dans la vie, ce qui concerne un grand nombre de personnes dans le monde entier.

La forme artistique du film est très forte, avec une combinaison complexe de différents formats de caméra, de photos, de sons et de vidéos. Elle a travaillé avec son monteur Qutaiba Barhamji Aabraham pour créer une langue spécifique pour ce film, intégrant tous ces éléments. La musique, qui a joué un rôle important dans l’histoire de Syroechkovoskaya et Kimi, a également été intégrée de manière innovante : l’application VOSIS a été utilisée pour traduire les images de Kimi en musique, transformant son corps en un instrument de musique sur lequel on peut jouer.

La musique rock et punk est également présente dans le film, offrant un espace de liberté pour la réalisatrice et sa génération. La musique a été un élément salvateur pour elle, l’empêchant de mettre fin à ses jours. Elle était également musicienne dans un groupe, ce qui l’a aidée de manière générale dans la vie. Filmer a également joué un rôle important en lui donnant le sentiment de faire quelque chose de sa vie et en la projetant vers l’avenir. Cependant, Kimi n’a pas eu la même chance et n’a pas pu gérer la douleur et la dépression dont il souffrait. La caméra a toutefois servi de bouclier à la réalisatrice dans les moments les plus douloureux de leur vie commune.

Le film raconte une histoire intime, tout en dressant le portrait d’une génération sacrifiée. La réalisatrice explique que la situation économique, sociale et politique depuis la fin de l’Union soviétique et sous l’ère Poutine a joué un rôle dans le désespoir de la jeunesse russe. Elle cite notamment les problèmes de santé mentale, les droits des jeunes LGBT+ et la stigmatisation des personnes souffrant de troubles mentaux ou d’addictions. Selon elle, la situation en Russie est compliquée, mais il y a toujours de l’espoir pour l’avenir.

Nous avons également abordé l’importance pour Syroechkovoskaya de diffuser son film à l’échelle internationale. Bien que le film se déroule et soit tourné en Russie, elle estime que les expériences qu’elle et Kimi ont vécues ne sont pas spécifiques à ce pays. De nombreuses personnes dans le monde traversent des moments difficiles, qu’il s’agisse de la perte d’un être cher, d’une dépression ou d’addictions. La réalisatrice espère que son film aidera ceux qui se trouvent dans ce genre de situation à comprendre qu’ils ne sont pas seuls et qu’il y a un avenir possible.

Enfin, Syroechkovoskaya nous confie qu’elle a quitté la Russie après le début de la guerre en Ukraine, les manifestations étant devenues de plus en plus répressives. Toutefois, elle garde espoir pour l’avenir de la Russie et de sa jeunesse, soulignant la présence de nombreuses personnes brillantes dans le pays et l’éventuelle disparition des dictateurs.

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Simon Bornstein
Simon Bornstein

Simon Bornstein est un étudiant en journalisme et auteur à succès. Né à Montréal, Canada, Simon a grandi dans une famille où l'on se passionnait pour l'écriture et le journalisme. Il a commencé à écrire à l'âge de dix ans et a publié son premier article à l'âge de seize ans dans un journal local. Après avoir obtenu son diplôme de journalisme de l'Université McGill, il a déménagé à Toronto en 2018 pour poursuivre ses études. Il a été accepté à l'école de journalisme Ryerson University, où il a pu étudier le journalisme de profondeur et le journalisme numérique. Lors de ses études, Simon a réalisé plusieurs projets, dont un mémoire sur l'utilisation des réseaux sociaux par les médias.

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