Malgré la réduction apparente de l’attention portée à l’écologie récemment, le responsable du Ministère de la Transition Écologique projette de démontrer par cette visite que le secteur continue de se dynamiser… y compris au sein du gouvernement.
Chrisotophe Béchu, accompagné de ses cinq ministres délégués – Logement, Transports, Ruralité, Ville, Mer et Biodiversité – organise une espèce de déconcentration du ministère de la Transition écologique en se rendant vers Lyon et Clermont-Ferrand, du jeudi 22 au vendredi 23 février. Les ministres constitueront un groupe unifié, inséparables lors de ce déplacement. Parmi les activités prévues : l’inauguration d’un point de recharge électrique en milieu rural, une discussion portant sur la mise à niveau de la ligne de train Paris-Clermont, ou encore une visite de Vaulx-en-Velin axée sur le logement. L’agriculture sera aussi au centre des débats avec une approche du marché de gros de Lyon à 6 heures du matin le vendredi, en vue d’honorer les acteurs de notre alimentation. Les ministres auront également la chance de rencontrer des syndicats agricoles du Puy-de-Dôme. Le point d’orgue de cette visite sera le grand débat du jeudi soir à la préfecture de Lyon, avec la thématique « réussir ensemble la transition écologique ». Agriculteurs, syndicats, ONG et plus généralement toute la population locale est conviée à ce moment d’échanges avec les ministres.
« L’écologie ne dérange pas tout le monde »
Le choix de la région Auvergne-Rhône-Alpes n’est pas le fruit du hasard. Le président de la Région, le LR Laurent Wauquiez, n’est pas particulièrement passionné par l’écologie. Laurent Wauquiez, d’ailleurs, ne compte pas être présent lors de la visite des ministres, selon ses proches. Dans le même temps, le ministère assume l’aspect polémique : Christophe Béchu souhaite démontrer à Laurent Wauquiez que tout le monde n’est pas agacé par l’écologie, comme le souligne un de ses proches. Mais parallèlement, le ministère se doit de prouver que l’écologie est toujours d’actualité, au sein du gouvernement aussi.
Le gouvernement est actuellement très critiqué par les écologistes – en réaction entre autres à la suppression de près d’un milliard d’euros du dispositif MaPrimeRénov, et au renoncement à l’interdiction des pesticides souhaitée par les agriculteurs. Marine Tondelier, la présidente des Écologistes pointe du doigt l’écologie qui est le grand perdant de ces décisions. Pour la défense de Christophe Béchu : l’écologie est encore vivante, malgré le fait qu’elle ne gagne pas tous ses combats. La réplique de Bercy est que MaPrimeRénov passe de 5 à 4 milliards, mais cela reste sept fois plus qu’en 2020. Matignon par ailleurs réfute les leçons venues des écologistes, qui n’ont pas réussi à réduire l’utilisation des pesticides lors du mandat de François Hollande. Néanmoins, le gouvernement doit actuellement montrer son engagement écologique face aux critiques.