Il ne reste plus qu’une journée avant le début du salon de l’agriculture. L’ouverture officielle de l’événement sera réalisée par Emmanuel Macron ce samedi. Cependant, l’ensemble des acteurs politiques ne commenceront à affluer sur place qu’à partir de dimanche.
Tous les acteurs politiques chercheront à se faire photographier aux côtés d’Oreillette, l’emblème vache normande de l’édition 2024 du Salon de l’agriculture, qui se tiendra du 24 février au 3 mars. Le Salon de l’agriculture est habituellement un lieu de rassemblement politique, mais cette année, deux éléments rentrent en jeu. La révolte des agriculteurs a propulsé l’agriculture sur le devant de la scène et les élections européennes sont prévues dans à peine plus de trois mois, précisément le 9 juin. Le Salon est donc l’occasion parfaite pour mener campagne, que ce soit vis à vis des professionnels ou du grand public. Aucun autre événement n’offre la possibilité de rencontrer autant d’électeurs potentiels.
Les rencontres et échanges dans les couloirs du Salon seront donc fréquents. Le Rassemblement national (RN) y participera trois jours : Jordan Bardella sera présent dimanche et lundi, Marine Le Pen le mercredi. Chacun visitera différents stands afin de maximiser les rencontres. Entre les apparitions du RN, le mardi, Gabriel Attal effectuera une escale au Salon Porte de Versailles. On pourra alors juger si le Premier ministre mérite vraiment les sobriquets que lui a attribués un de ses conseillers : « Gabriel Chirac » ou « Jacques Attal ». Voilà qui serait le signe d’un certain « chiraquisme » du Premier ministre ces derniers temps.
Le RN et la majorité présidentielle ne seront pas les seuls représentants politiques à se rendre sur les stands à la recherche du soutien du monde agricole. François-Xavier Bellamy, le candidat des Républicains (LR), se rendra dimanche au Salon pour des « réunions de travail » aux côtés de sa colistière, la productrice de céréales Céline Imart. Il reviendra lundi pour une série de déambulations-dégustations en compagnie d’Éric Ciotti. Éric Zemmour et Marion Maréchal seront aussi présents en tant que chef de parti-tête de liste jeudi, leur objectif étant de « lutter contre la tyrannie des technocrates ».
Communistes, insoumis et écologistes : la gauche ne manquera pas à l’appel
Le communiste Fabien Roussel envisage de servir des tripes dès 9 heures mercredi matin à son candidat Léon Deffontaines. « Avec les agriculteurs, nous parlons le même langage », déclare Fabien Roussel, qui aime rappeler la présence d’une faucille dans le logo de son parti.
L’atmosphère pourrait être légèrement différente lors de la venue des écologistes vendredi, bien que Marine Tondelier et Marie Toussaint insistent sur le fait qu’elles soutiennent les agriculteurs. La candidate écologiste accuse le gouvernement de faire de l’écologie « le bouc émissaire de la colère agricole ». Elle n’aura pas l’occasion de croiser le leader du Parti socialiste, Raphaël Glucksmann, grand partisan de l’importation de poulets d’Ukraine au nom de la solidarité face à la guerre. Il est attendu au Salon dans les premiers jours, tout comme Manon Aubry. L’insoumise rencontrera « tous les syndicats » lundi, contrairement à Jean-Luc Mélenchon qui avait boudé la plus grande ferme de France lors de ses campagnes de 2022 et 2017, en désaccord avec le « modèle d’agriculture » mis en avant à la Porte de Versailles. Manon Aubry, pour sa part, saisira cette occasion pour réitérer son opposition aux accords de libre-échange européens. En somme, la politique sera au centre des discussions d’Oreillette…