L’engagement politique d’Emmanuel Macron a confirmé la candidature d’une eurodéputée de 38 ans, qui n’est pas familière au grand public. Une tâche pourrait-elle être pratiquement impossible ?
Aussi fervents soient-ils, certains partisans de Macron peinent encore à prononcer correctement son nom. Valérie Hayer, députée européenne de Renaissance, a officialisé sa position en tant que tête de liste majoritaire pour les élections européennes, mettant fin à une lourde attente du côté du président. Cependant, son manque de notoriété auprès du grand public pour diriger le groupe Renew lors des élections européennes du 9 juin prochain suscite des interrogations, notamment au sein de sa propre équipe.
Selon l’ex-ministre des Transports Clément Beaune, qui s’exprimait sur 42mag.fr le 1er mars, c’est « un choix marqué par la crédibilité et l’efficacité ». Il ajoute toutefois que « nous allons la découvrir », admettant que bien qu’elle ne soit pas une personne largement reconnue, elle dispose d’une solide base et d’un engagement réel.
Un conseiller note un certain mécontentement: « Sa notoriété est à peine perceptible, elle part de la base ». La profession de foi de Valérie Hayer en tant que députée européenne sortante, fille et petite-fille d’agriculteurs, et experte en matière budgétaire, suscite des interrogations chez certains : « Elle n’est pas une combattante, mais elle connaît l’Europe sur le bout des doigts », résume un élu de Renaissance.
« Le bouclier de l’immunité »
Valérie Hayer a fait son premier déplacement à Laval le 1er mars, suivi par son premier meeting. Elle s’engage désormais pleinement dans le processus électoral. Cependant, la tâche des « Européennes » semble compliquée pour la présidente du groupe « Renew » au Parlement européen : les sondages la place déjà à plus de dix points derrière Jordan Bardella et le Rassemblement national. Certains avouent espérer que Jordan Bardella ne se montrera pas trop agressif envers elle. « Être une femme offre un certain bouclier d’immunité », déclare un député.
Même si elle n’est pas une proche du président de la République, Valérie Hayer, qui approche la quarantaine, incarne cette nouvelle vague de visages prônée par l’Élysée, tout en appartenant à la « génération Macron ». On murmure que le président a eu du mal à se décider pour un lieutenant, comme le prouvent les refus de Bruno Le Maire et des anciens ministres Julien Denormandie ou Jean-Yves Le Drian. Un fidèle se rassure : « Au final, notre vrai leader n’est autre que Macron. »