Le responsable de la politique étrangère en France, Stéphane Séjourné, soutient qu’il n’existe pas de désaccord entre la France et l’Allemagne, en dépit des divergences d’opinions entre le président Emmanuel Macron et le chancelier allemand Olaf Scholz concernant l’Ukraine.
Stéphane Séjourné, le responsable des Affaires étrangères, insiste sur le fait qu' »il n’existe pas de tension entre la France et l’Allemagne ». Il rencontrera son équivalent, mardi 5 mars, à Paris. Il souligne que le but de leur rencontre sera d’éviter d’exacerber les différences entre les deux capitales.
La semaine précédente, les divergences de vue sur la stratégie en Ukraine ont été révélées lorsque Emmanuel Macron a émis l’idée d’envoyer des troupes sur le terrain. Olaf Scholz, le leader allemand, a rapidement exprimé son désaccord avec la position française. Ainsi, une opération de réconciliation a été initiée dès ce week-end dans le quotidien Le Monde. Stéphane Séjourné souligne que : « Notre objectif commun est de soutenir l’Ukraine ». Le responsable des Affaires étrangères admet néanmoins l’existence de « niveaux d’engagement variables » entre Paris et Berlin. Il fait ici référence aux missiles de longue portée que la France a fournis à Kiev, qui n’ont pas encore été acceptés par l’Allemagne.
La gaffe d’Olaf Scholz
La ville de Berlin craint que cette action ne provoque une escalade militaire avec la Russie. Cette crainte n’est toutefois pas la seule raison de leur position. Envoyer des missiles aussi sophistiqués implique que des formateurs et des spécialistes soient également envoyés pour soutenir les militaires ukrainiens. C’est ici qu’Olaf Scholz exprime son désaccord. Il ne veut pas de soldats allemands sur le champ de guerre. Au cours de sa justification, le leader allemand a laissé entendre que les Anglais et les Français, qui ont fourni des missiles aux Ukrainiens, ont aussi déployé des militaires en Ukraine – ces fameux formateurs. Ces informations n’ont pas été confirmées par Londres ou Paris. Les propos tenus par Olaf Scholz ont suscité la colère du Royaume-Uni : « Des commentaires irresponsables et incorrects, qui offensent nos alliés », se plaint la présidente de la commission des Affaires étrangères au Parlement britannique. Aucune réaction à Paris pour le moment, dans un effort pour rester unis face à la Russie. Le gouvernement allemand est en outre affaibli par la divulgation d’une conversation à caractère privé.
Cette conversation privée a lieu entre des officiers militaires allemands de haut rang et porte sur la possibilité de livrer des missiles longue portée dans l’intention de détruire le pont de Kertch, qui relie la Russie à la Crimée annexée. Cela contraste fortement avec la position de prudence prudente officiellement adoptée par l’Allemagne. Il semble que cette discussion ait été interceptée par les services de renseignement russes et diffusée ce week-end par des médias pro-Kremlin. Les tentatives de « déstabilisation » de l’Allemagne par Vladimir Poutine ont été dénoncées dimanche soir par le gouvernement allemand.
La Russie tente de créer des divisions, c’est pour cette raison que Paris et Berlin souhaitent mettre de côté leurs désaccords.