Pendant l’ère de la guerre froide, les premières élections européennes se sont déroulées. Des figures emblématiques politiques, comme Simone Veil de l’UDF et Jacques Chirac du RPR, ont marqué cette époque.
Les premières réunions de campagne ont commencé et les principaux candidats sont maintenant identifiés. La campagne pour les élections au Parlement européen est donc pleinement lancée. Il semble intéressant de jeter un coup d’œil à nos archives pour découvrir comment s’était déroulée la première campagne de ce type. C’est en effet en 1979 qu’ont eu lieu les premières élections des députés européens par suffrage universel direct.
Le Front National (FN) n’avait pas réussi à participer à ces élections, faute de moyens liés à l’incapacité de s’allier avec le PFN de Jean-Louis Tixier-Vignancourt. En revanche, les quatre principaux partis politiques de l’époque – l’UDF du président Giscard-d’Estaing, le RPR de Jacques Chirac, le Parti socialiste (PS) de Mitterrand et le Parti communiste français (PCF) de Georges Marchais – s’étaient rapidement positionnés.
Simone Veil réprimande le FN, qualifié de « SS aux petits pieds »
Simone Veil était en tête de liste pour l’UDF, ce qui attirait l’opprobre de l’extrême droite. En effet, l’un de ses meetings a été perturbé par Jean-Marie Le Pen et ses partisans. Elle les a courageusement affrontés en affirmant : « Vous ne me faites pas peur… Vous n’êtes que des SS aux petits pieds ». Le nationalisme, quant à lui, était défendu par deux autres partis majeurs. Le PCF de Marchais, opposé à une Europe dominée par le grand capital, et surtout le RPR de Chirac, qui rejetait une Europe soumise aux « intérêts germano-américains ».
Les débats étaient ainsi teintés de certaines similitudes avec notre époque, une époque marquée par la guerre froide. Contre toute attente, Simone Veil a finalement remporté les élections. Chirac s’est classé en quatrième position, ce qui a représenté une déception pour son camp. Même si ce scrutin devait servir à propulser sa candidature présidentielle, il a régressé. Même Mitterrand, deuxième avec la liste socialiste, a reçu des critiques. Toutefois, il a démontré qu’il était toujours en lice, très en lice, comme en témoigne le succès de la chanson de l’époque : Born to Be Alive !