Le chef d’État a demandé jeudi à la Première ministre italienne de cesser de commenter ce qui se passe ailleurs, après ses déclarations au sujet de la mort de Quentin Deranque.
Une passe d’armes susceptible d’attirer les foudres de la droite française. Emmanuel Macron, qui avait appelé, jeudi 19 février, les responsables politiques à éviter « tout engrenage de la violence » et « faire le ménage dans leurs rangs », a ravivé les tensions franco-italiennes en s’en prenant à la Première ministre italienne Giorgia Meloni.
La dirigeante d’extrême droite avait notamment écrit sur X que « la mort d’un garçon d’à peine plus de 20 ans, attaqué par des groupes liés à l’extrémisme de gauche dans un climat de haine idéologique qui se répand dans plusieurs pays, est une blessure pour l’Europe entière ». « Un fait grave qui nous concerne tous », a réagi le ministre italien des Affaires étrangères.
Des propos qui ont agacé Emmanuel Macron. « Je suis toujours frappé de voir que des gens qui sont nationalistes, qui ne veulent pas qu’on les embête chez eux sont toujours les premiers à commenter ce qui se passe chez les autres », a déclaré le chef de l’État depuis New Delhi, en marge d’une visite officielle en Inde. « Que chacun reste chez soi et les moutons seront bien gardés », a-t-il ajouté.
Bruno Retailleau charge Emmanuel Macron et La France insoumise
Le bureau de la Première ministre italienne a réagi jeudi avec « stupéfaction » aux propos du président français. « Je suis désolée que Macron » ait interprété ces commentaires comme une « interférence », a répondu la Première ministre jeudi soir dans un entretien à SkyTG24. Giorgia Meloni, réputée proche de Donald Trump, a vu aussi l’eurodéputée d’extrême droite Marion Maréchal voler à son secours. « Emmanuel Macron n’a pas la culture politique pour comprendre que l’assassinat d’un jeune de droite par l’extrême gauche a une résonance particulière », a déclaré sur X la nièce de Marine Le Pen.
Le président est aussi ciblé par le reste de la droite. Bruno Retailleau des Républicains estime qu’Emmanuel Macron se montre trop laxiste quand il appelle les partis politiques, sans citer personne, « à faire le ménage » : « En mélangeant les uns et les autres, ça lui évite de désigner le coupable : la Jeune Garde et LFI. Ce parti a quitté le champ républicain depuis bien longtemps », a dénoncé l’ancien ministre de l’Intérieur.
Après la mort du militant identitaire, Emmanuel Macron avait appelé « au calme, à la retenue et au respect » alors que dans moins d’un mois auront lieu les élections municipales, au risque de constater que sa voix pèse moins.







