Les prix à la pompe ont connu une faible diminution, soutenue par le cessez-le-feu qui commence à se dessiner au Moyen-Orient, mais cette réduction reste minime. L’échec des négociations et les tensions entourant le détroit d’Ormuz pourraient rapidement raviver la montée des tarifs.
Ce week-end, les tarifs à la pompe ont reculé, mais de manière très modeste. Selon les données compilées par le gouvernement et Radio France, la moyenne relevée dimanche 12 avril dans 1 300 stations-service – sur un réseau d’environ 10 000 stations en France – atteint 2,27 euros le litre de gazole. Le vendredi et le samedi, le même carburant s’échangeait à 2,31 euros. Autrement dit, la diminution n’est que marginale, l’écart n’étant que quelques centimes. Du côté des essences, les prix restent quasi immobiles: le sans-plomb 95 se situe autour de 2,03 euros le litre.
Le gouvernement avait, certes, promis des baisses, mais il n’est pas, comme on le rappelle, celui qui fixe le niveau du baril de pétrole. Ce dernier s’établit sur les marchés internationaux et dépend fortement des tensions géopolitiques. Le léger affaiblissement constaté ces derniers jours résulte directement du cessez-le-feu au Moyen-Orient annoncé le mercredi 8 avril. Dès l’annonce, les marchés ont été rassurés. Le prix du baril est redescendu en dessous de la barre des 100 dollars, affichant environ 95 dollars, ce qui explique la très légère chute observée ce week-end à la station-service.
Un répit passager sur les prix à la pompe
Cette accalmie dans le coût des carburants pourrait se prolonger lundi 13 avril, mais toute progression reste incertaine, notamment en raison de l’échec des pourparlers entre l’Iran et les États-Unis ce week-end. L’annonce d’un blocus du détroit d’Ormuz par Donald Trump ne devrait pas faciliter les choses. Cette décision risque d’entraver encore davantage la circulation des pétroliers et, de surcroît, menace d’attaquer les infrastructures énergétiques iraniennes. En somme, tous les éléments sont réunis pour que les prix des carburants repartent à la hausse et que le baril remonte au-dessus des 100 dollars.
Michel-Édouard Leclerc, à la tête des magasins éponymes, avançait la semaine passée que l’on ne retrouverait pas nécessairement les prix d’avant crise. Il ne s’est pas trompé, car pour revenir à ce niveau, il faudrait que le baril chute autour de 60 à 70 dollars, ce qui demeure loin de la réalité actuelle. La zone d’Ormuz ne connaît pas encore une circulation fluide, et il faudrait une paix durable, ou du moins un accord solide et durable.
Enfin, il convient de ne pas oublier que plusieurs infrastructures pétrolières ont été endommagées dans la région. Leur reconstruction prendra des mois et il faudra du temps pour récupérer les capacités antérieures au conflit.







