Face à l’augmentation vertigineuse des prix du pétrole, certains opérateurs promettent des gestes en faveur des consommateurs. Mais la dépense à la pompe va-t-elle vraiment diminuer ?
Le passage ci-dessous constitue une portion de la retranscription du reportage évoqué plus haut. Pour le voir dans son intégralité, cliquez sur la vidéo.
Dans une station-service située en région Île-de-France, les tarifs ont commencé à reculer à partir de jeudi 12 mars: 0,19 euro de moins par litre pour le gazole et 0,06 euro pour le sans-plomb en l’espace de deux jours. Cette diminution est perceptible par la clientèle. « Six centimes, ce n’est pas une grosse chute, remarque une conductrice. Après tout, chaque centime compte. » Une autre usagère se montre pragmatique: « Il faudrait encore une baisse plus marquée, mais on n’a pas vraiment le choix.
E. Leclerc et Super U annoncent une réduction progressive comprise entre 30 et 20 centimes par litre à partir du 12 mars. Ces enseignes expliquent avoir négocié avec leurs fournisseurs pour obtenir des tarifs plus avantageux collectivement. Total, lui, affiche le plafonnement de ses prix dans ses stations: jusqu’à la fin mars, le litre de sans-plomb est plafonné à 1,99 euro et celui du gazole à 2,09 euros.
Soyez attentifs à l’instabilité du cours du pétrole
Les clients sont-ils satisfaits ? « Oui, mais il aurait fallu agir plus tôt« , souffle l’un d’eux. Un autre, plus mitigé, lâche: « J’ai mis 20 euros. J’aimerais bien mettre 40, mais avec 2 euros le litre, comment veut-on y arriver ? » Toute la filière était convoquée dans la matinée du 12 mars au ministère des Finances. Aucune décision n’a été annoncée concernant le contrôle des prix. Chacun affirme jouer le jeu en limitant les marges. Face aux journalistes, Francis Pousse, président de la branche stations-service Mobilians, déclare: « Aujourd’hui, c’est le marché qui va dicter sa tendance. Bien sûr, et c’est le rôle des ministres, on nous a invités à modérer des marges qui restent déjà modestes. Donc nous allons continuer dans cette direction. On verra dans les prochains jours quelle orientation prendra le cours des produits pétroliers. »
Jeudi 12 mars, la dynamique s’est déjà inversée. Le prix du baril a remonté pour se situer autour de 100 dollars. « Si le prix du baril continue de grimper au-delà de 100 dollars, à 110 ou 120 dollars, cela se répercutera sur le prix à la pompe et l’ajustement à la baisse n’aura été que temporaire« , avertit Nicolas Goldberg, expert énergie chez Columbus Consulting.
Aucun espoir donc de voir les tarifs à la pompe baisser durablement tant que le détroit d’Ormuz restera bloqué.
Parmi nos sources consultées :
Evole Energies
CLCV (étude UFIP)
Liste indicative, non exhaustive







