Il s’agit d’un rapport particulièrement attendu depuis le déclenchement des hostilités au Moyen-Orient et que l’État avait promis de publier. Les réseaux de distribution de carburant ont-ils enregistré des marges plus élevées depuis le début du conflit ? Ont-ils profité de la crise pour augmenter leurs profits ?
Ce fragment relève d’une partie de la transcription du reportage évoqué ci-contre. Pour le voir dans son intégralité, cliquez sur la vidéo.
Depuis plusieurs semaines, le gouvernement intensifie son contrôle sur les acteurs qui produisent et distribuent le carburant. Le mercredi 6 mai, l’État passe à l’action et choisit de rendre publiques les marges brutes appliquées par les distributeurs. La question qui se pose alors est: les acteurs du secteur ont-ils tiré profit de la guerre ?
Pour illustrer, prenons le diesel comme exemple. Au début de la crise, les marges brutes se seraient fortement accrues, passant de 28 centimes à près de 40 centimes par litre au début du mois de mars. Face à cela, le gouvernement met en place des contrôles. Conséquence: les marges diminuent nettement, et aucune dérive n’est observée pendant plus d’un mois. Or, ces derniers jours, la courbe repart à la hausse. En conséquence, le gouvernement affirme que toute dérive deviendra désormais détectable rapidement : les marges seront publiées chaque semaine. « Nous disposons d’une estimation fiable des marges et nous souhaitons les suivre, les examiner, et peut-être même les surveiller de manière régulière », explique Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle.
« La profession a été rigoureuse et n’a pas profité de la situation »
Entre le 1er mars et le 4 mai, l’ensemble de la grande distribution aurait réalisé en moyenne 27 centimes de marge brute par litre, 23 centimes pour les producteurs comme TotalEnergies qui avait plafonné ses prix, et 34 centimes pour les distributeurs indépendants, chargés de coûts plus élevés. Malgré une légère hausse au tout début du conflit, la marge brute est restée globalement comparable à celle du début d’année. « On a l’habitude des crises et, surtout, on sait qu’en profiter serait contre-productif, car on vendrait moins », affirment les responsables. En conséquence, la profession aurait fait preuve de discipline et n’aurait pas tiré avantage de la situation, assure Francis Pousse, président national des stations-service Mobilians.
Cependant, ce constat ne semble pas influer sur le moral des automobilistes. « S’ils voulaient vraiment faire un geste pour tous les Français, ils pourraient baisser le prix de l’essence de 50 centimes et tout le monde serait content », lance l’un d’eux. Le Premier ministre prévoit d’annoncer, la semaine prochaine, de nouvelles mesures destinées à soutenir les automobilistes, mais celles-ci devraient rester ciblées.
Parmi nos sources :
Communiqué de presse du ministère de l’Economie et des Finances, 6 mai 2026
Liste non-exhaustive







