Une controverse secoue la station balnéaire de La Baule, située dans le département de la Loire-Atlantique. La mairie a opté pour planter 700 arbres le long de la promenade en bord de mer, décision qui provoque l’indignation d’un grand nombre d’habitants, craignant de ne plus pouvoir admirer l’océan depuis leur domicile. Une pétition a été déposée par les résidents concernés. Pour certains, cela équivaut à l’effondrement d’un rêve de toute une vie.
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La Baule bénéficie d’un panorama spectaculaire sur l’océan, mais ce paysage pourrait être altéré dans peu de temps par un chantier vivement contesté dans cette station balnéaire de Loire-Atlantique. Des centaines d’arbres sont prévus de prendre place, et leur implantation risque de masquer la vue des riverains. Face à ce plan, plusieurs habitants expriment leur mécontentement auprès des élus municipaux : « Tous ces sapins qui se forment sous l’effet du vent, comme sur la côte sauvage, c’est écœurant ! Ça, vous aimez ? », leur répond-on. « C’est la nature, ce sont des arbres », réplique-t-on simplement.
Les premiers arbres ont été livrés sur le site. Une proprétaire, installée dans le quartier depuis 26 ans, choisit toutefois de rester anonyme pendant qu’elle se résout à signer une pétition contre ces plantations : « On compte un arbre, puis deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix ! Tout cela se situe désormais dans mon champ de vision. » D’autres résidents, situés au rez-de-chaussée, se montrent plus flexibles : « Quand on voit ce qui va être planté, ce n’est pas laid. Regardez les pins. J’ai connu cet endroit tel qu’il est, c’est magnifique ! On voit la mer à travers les pins, c’est charmant. On n’a pas envie que ce ruban de béton reste dépourvu de végétation. », affirme l’un d’eux.
700 arbres à planter et des concessions possibles
Le projet prévoit, sur huit kilomètres de façade littorale, l’installation d’environ 700 arbres. À l’image d’un croquis d’architecte, des tamaris et un chêne vert offriront de l’ombre le long de la promenade et contribueront à retenir le sable plus bas sur la plage. Le maire indique être disposé à faire des concessions : « Notre intention est vraiment de préserver l’accès des habitants à la mer. La mer est là et elle restera, et surtout on ne peut pas accepter de n’avoir aucune vue sur elle. Nous serons prêts […] à décaler certains troncs qui, pour le moment, ne sont que de simples arbres plantés juste en face de leurs logements. », assure Franck Louvrier, maire (LR) de La Baule-Escoublac (Loire-Atlantique).
Historiquement, La Baule était une forêt sableuse. C’est avec l’arrivée du chemin de fer en 1880 que villas et touristes ont fait leur apparition. Puis, le réaménagement d’après-guerre a transformé la falaise et le littoral. Le chantier de végétalisation, budgété à 100 millions d’euros, est prévu pour se terminer en 2030. Mais résisteront-ils face aux embruns ? Cette fois, c’est l’océan qui aura le dernier mot.







