L’usine Stellantis de Vesoul va perdre l’activité d’assemblage des moteurs, ce travail étant transféré vers le site de Poissy, en Île-de-France. Pour les syndicats du site de Haute-Saône, cette décision demeure incompréhensible.
Lors d’une prise de parole jeudi matin, la direction de Stellantis a annoncé le transfert de l’activité moteur de l’usine de Vesoul vers Poissy. Cette information a été qualifiée de « une vraie claque » par la CFTC et de « un coup de massue » par la CGT. Au total, 190 postes en emploi direct sur le site de Haute-Saône seraient concernés, selon ICI Besançon qui a recueilli l’info auprès des représentants et de la direction.
60 postes en CDI et 130 intérimaires touchés
L’usine Stellantis de Noidans-lès-Vesoul, anciennement connue sous le nom d’ex-PSA Vesoul, est une plateforme mondiale dédiée aux pièces détachées. L’activité « moteur » y est assurée depuis cinq ans, après la fermeture du site d’Hérimoncourt, également situé en Haute-Saône. En séance du Comité social et économique (CSE) extraordinaire, la direction a fait savoir que Vesoul ne conserverait plus l’assemblage des moteurs, ce travail étant transféré vers le site de Poissy (Yvelines). Cette mutation s’inscrit comme une contrepartie suite à l’annonce de l’arrêt de la fabrication automobile à Poissy. Sur le site de Vesoul, 60 postes en CDI et 130 intérimaires sont impliqués.
« C’est une vraie claque, on ne peut pas dire autrement » confie Jean-Paul Guy, délégué syndic CFTC sur le site haut-saônois, à ICI Besançon. « Apprendre ça alors que c’est quand même un fleuron, on forme nos salariés, ils deviennent très compétitifs en peu de temps, et c’est plutôt un métier noble de faire de l’assemblage moteur, le savoir-faire était très reconnu. Il y a de l’amertume », poursuit-il.
« Abattement » et « dégoût »
Bien que des bruits de couloir aient circulé ces derniers jours, les salariés « prennent l’information à la figure, avec beaucoup d’abattements », décrit Cédric Fischer, délégué CGT au CSE et secrétaire adjoint. « On donne le boulot à Poissy, car il faut sauver Poissy, donc on sacrifie Vesoul. Il y a beaucoup de dégoût », poursuit-il. Pour la CFTC, cela représente aussi « une décision qui est un non-sens économique, juste une décision politique, d’autant plus que ces moteurs-là vont retransiter par Vesoul, parce que nous allons les distribuer en tant que magasin de pièces de rechange », analyse Jean-Paul Guy.
Les partenaires sociaux avancent une date de transfert vers Poissy en juin 2026, tandis que la direction reste plus prudente et évoque un déménagement « qui pourrait avoir lieu dès cet été ». Dans un communiqué, elle assure que l’ensemble des CDI se verra proposer un poste équivalent sur le site d’arrivée. Une cellule sera mise en place pour accompagner les mobilités des salariés qui le souhaitent. « Même s’il y a des reclassements pour les CDI, quelles solutions pour les intérimaires ? » s’interroge Cédric Fischer, délégué CGT.
Appel à la grève dans les usines du groupe Stellantis
Le maire de Vesoul, Alain Chrétien, demande dans un communiqué la mise en place de nouvelles activités « indispensables » afin de compenser ce départ vers Poissy, ainsi qu’une « cellule de reclassement pour les 130 intérimaires concernés ».
Une nouvelle réunion est programmée entre la direction et les syndicats le 23 avril, dans le cadre d’un CSE de consultation. La CGT, l’Unsa et SUD appellent à la grève dans les sites du groupe Stellantis à la même date, et une manifestation est envisagée à Poissy. Un autre rassemblement est prévu à Sochaux. Les délégués syndicaux envisagent de sonder les salariés pour organiser une mobilisation à Vesoul.







