Dans le tout nouvel épisode du podcast intitulé « Dans les yeux d’Agathe », l’ancien chef d’État se prête à l’entretien aux côtés d’Agathe Lambret. Au cours de cet échange, il revient en détail sur les années de son mandat, sur les expériences qui l’ont façonné et sur les éléments qui ont construit sa trajectoire politique, tout en expliquant ce qui l’a amener à regarder l’avenir avec une certaine détermination. Il expose aussi ce qui, aujourd’hui, le pousse à envisager l’échéance de 2027 et les raisons qui le conduisent à se préparer pour cette période. Ce témoignage offre ainsi une vision plus intime de son parcours et des motivations qui orientent ses choix à venir.
Dans cet épisode inédit du podcast « Dans les yeux d’Agathe », l’ancien président François Hollande se penche sur la manière dont il a construit son identité politique, sur la nature de l’exercice présidentiel et sur les défis qui attendent la France en 2027.
Pour l’ancien chef de l’État, la politique se résume avant tout à une affaire de « transmission ». François Hollande a grandi entre un père médecin, attaché à une droite traditionaliste et privilégiant l’Algérie française, et une mère assistante sociale, engagée à gauche. Il se souvient avoir craint l’effondrement du monde, alors qu’elle cherchait sans cesse des raisons d’espérer. « Ces deux contraires, le jour et la nuit, m’ont quand même, si je puis dire, éclairé ». Il déclare : « J’ai remercié mes parents, pas simplement parce qu’ils m’avaient mis au monde, mais pour leur différence, précisément pour m’avoir permis d’exercer mon sens critique. »
Gestuelle, humour et rapport de force
Puisant son modèle chez François Mitterrand, François Hollande a compris que la politique se joue aussi sur la scène, où les gestes et l’esprit servent d’instruments de pouvoir. Et l’humour y a aussi sa place. « Il n’y a pas de politique sans humour, dit-il. Il n’y a pas non plus de politique sans réflexion, sans idées, sans argumentation, mais il faut toujours savoir insuffler de l’esprit, afin que ceux qui vous écoutent retiennent, ne serait-ce qu’un instant, par un rire ou par un sourire. »
À la tête de l’État, Hollande a également mesuré la gravité de la fonction et l’importance du rapport de force. Il revient sur la dureté des échanges sur la scène internationale, face à des acteurs comme Vladimir Poutine ou Donald Trump. Le dirigeant russe, affirme-t-il, alterne « le brûlant et le glacial » et « ne comprend que les rapports de force ». Il précise par ailleurs qu’Emmanuel Macron ne l’a pas consulté pour s’appuyer sur son expérience. « S’il l’avait fait, je l’aurais mis en garde en ne lui laissant pas croire que la séduction, les invitations, une espèce de complicité ou de connivence pourraient avoir le moindre effet. » Est-ce un conseil qu’il lui donnerait encore aujourd’hui ? « Il est encore temps de le suivre… »
« Le vote utile sera la mécanique de 2027 »
Bien qu’il ne se soit pas officiellement déclaré candidat pour 2027, François Hollande affirme se préparer pour l’éventualité. Non pas parce qu’il entretiendrait « une relation passionnelle à l’égard du pouvoir », affirme-t-il. « Ce qui est intéressant, c’est de savoir si c’est utile d’être candidat ou de ne pas être candidat. Aujourd’hui, qui peut dire qu’il va être président demain ? Ce sont les Français seulement qui le diront le moment venu. » Il récuse l’idée d’une primaire à gauche, écarte l’hypothèse Mélenchon – « S’il est au second tour, chacun sait qu’il sera battu par Marine Le Pen ou par Jordan Bardella » – et préfère parler d’un « projet commun », d’un travail collectif avec ceux qu’il cite comme proches, Raphaël Glucksmann, Bernard Cazeneuve et « une grande partie des responsables socialistes ». « C’est ensuite que chacun doit savoir s’il est le mieux placé pour l’emporter. Moi, je serai toujours du côté de celui ou celle qui apportera toutes les garanties pour gagner. »
Pour lui, le vote utile est « la mécanique du scrutin de 2027, à droite comme à gauche ». « Avant, on disait : on choisit au premier tour, puis on élimine. Cette fois, les électeurs vont choisir et éliminer dès le premier tour. Au premier tour, vous saurez qui va être président de la République. Et les Français feront tout pour que leur choix de premier tour soit le choix décisif. »
François Hollande le sait, être passé par la présidence ne constitue pas forcément un atout, même s’il affirme le principe « Toujours être fier de ce qu’on a fait ». Cependant « on ne se fait pas réélire sur un bilan, il faut toujours avoir un projet », concède-t-il. Pour lui, qui avoue « peur du temps qui passe », « ce qui compte, c’est la suite ».







