Ce lundi, les élus siégeant au sein de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public ont approuvé le rapport rédigé par Charles Alloncle, et ce malgré les protestations véhémentes des représentants de la gauche. Le document, qui compte près de quatre cents pages, pourra être rendu public dans une semaine.
«Nous allons préparer un contre-rapport», a annoncé mardi 28 avril sur 42mag.fr Erwan Balanant, député MoDem du Finistère et membre de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, au lendemain de l’adoption du rapport rédigé par Charles Alloncle (UDR, allié du RN), qui avait suscité de vives protestations après près de six mois de travaux menés sous haute tension.
Ce dossier de 400 pages, qui porte sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public, a reçu l’approbation de la commission lundi, par 12 voix pour et 10 contre, et sera rendu public. Le député a choisi de s’abstenir lors du vote, tout comme le groupe macroniste, expliquant qu’il ne votait pas contre afin de ne pas «emmener le rapport à l’oubli» et d’«éviter de nourrir des fantasmes».

«Le travail ne fait que commencer pour nous», a-t-il déclaré. «Nous allons préparer un contre-document, évidemment pas aussi exhaustif, mais réalisé rapidement, afin d’analyser ces propositions et de démontrer en quoi elles présentent des risques».
Le fruit d’un travail controversé
Erwan Balanant a notamment critiqué les orientations défendues par le rapporteur Charles Alloncle, qui propose d’engager une économie d’un milliard d’euros sur un budget de 4 milliards d’euros. «C’est l’homme qui, selon lui, pourrait nous faire perdre 14 milliards, soit la valeur ajoutée globale de l’audiovisuel en France», a-t-il estimé. Il a aussi rappelé que «le secteur de la culture et de l’information représente 100 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit plus que l’automobile et la pharmaceutique réunies».
Le député a averti contre un retour possible de l’ORTF. Il dénonce une configuration où, d’un côté, l’audiovisuel public serait pris en main par les autorités publiques avec des moyens considérablement réduits, et, de l’autre, une dérégulation des médias permettrait à chacun d’émettre ce qu’il veut sans contrôle.
Enfin, Erwan Balanant a souligné que ce rapport «n’a aucune portée normative» et ne constitue «pas une loi», mais «le fruit d’un travail controversé».







