Les propos tenus au Sénat s’inscrivent dans un cadre où un grand nombre d’auteurs réclament l’adoption d’une clause de conscience, similaire à celle qui existe déjà pour les journalistes.
La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a estimé mercredi 29 avril qu’il est légitime de s’interroger sur la rupture du lien entre les auteurs et leur maison d’édition lorsque la ligne directrice éditoriale est brusquement modifiée, comme le réclament des écrivains publiés par Grasset. « Il faut ensemble que nous continuions à étudier les pistes qui protégeront éditeurs et auteurs« , a-t-elle ajouté.
La ministre a souligné, lors des questions au gouvernement au Sénat, « l’émotion » provoquée par les « bouleversements » chez Grasset, « dont le prestige est inscrit dans notre histoire littéraire« , à la suite du limogeage de son PDG Olivier Nora par la direction d’Hachette, groupe contrôlé par Vincent Bolloré.
« Les grands éditeurs font les grands auteurs parce qu’ils les voient naître et accompagnent leurs talents. Ils font la grandeur et la qualité des maisons d’édition« , a-t-elle ajouté. « Le pluralisme de celles-ci, l’indépendance des éditeurs, sont la garantie de la liberté des écrivains« , selon la ministre.
Une éventuelle initiative législative concernant la clause de conscience
Plus de 300 auteurs et acteurs du monde de l’édition, emmenés par Leïla Slimani, Virginie Despentes et Emmanuel Carrère, ont demandé l’instauration d’une « clause de conscience » pour les écrivains, à l’image de celle qui existe chez les journalistes.
Au Sénat, Catherine Pégard a répondu à une question de la sénatrice socialiste Sylvie Robert, en pointe sur la filière du livre, qui a proposé de déposer une proposition de loi portant sur la création d’une clause de conscience pour les auteurs.
« Il ne s’agit pas de transposer celle qui prévaut pour les journalistes, mais bien de l’adapter au secteur de l’édition. L’objectif est avant tout de combler un vide juridique et de mieux protéger les auteurs dès lors qu’un changement d’actionnaire compromet manifestement leurs intérêts matériels et moraux« , a expliqué la sénatrice.







