Les responsables européens chargés de l’énergie se retrouveront à Chypre, les mardi et mercredi 13 mai. Parmi les sujets inscrits à l’ordre du jour, on compte les options de production de gaz envisageables dans leurs pays respectifs, dans le but de restaurer une certaine maîtrise des prix.
Le secteur gazier est actuellement bouleversé par le conflit au Moyen-Orient. L’Agence internationale de l’énergie prévoit qu’il restera « tendu » en 2026 et 2027, selon une note publiée le 24 avril 2026. L’Europe demeure fortement dépendante des importations de gaz, qui couvrent près de 80 % de ses besoins. La production domestique de gaz au sein de l’UE a, quant à elle, chuté d’environ 50 % au cours de la dernière décennie.
Dans une note préparatoire à la réunion des ministres européens de l’énergie, que s’est procurée Reuters, la présidence chypriote de l’Union européenne expose la question ainsi : Étant donné les secousses actuelles des prix et l’instabilité du marché mondial du GNL, comment envisageriez-vous le rôle des ressources gazières locales comme mécanisme collectif permettant de stabiliser les prix pour l’ensemble de l’Union ?
La trajectoire est délicate car, comme le précise ce document, il faudra aussi veiller à ne pas se verrouiller dans des systèmes à forte intensité carbone qui compromettraient nos objectifs climatiques à long terme. L’UE vise la neutralité climatique en 2050.
Qui serait le mieux placé pour examiner la question de la production gazière nationale ?
Chypre et la Roumanie détiennent déjà les gisements les plus importants de gaz commercialement exploitables au sein de l’Union européenne. Les deux pays envisagent d’accroître leur production. Avec son projet offshore en mer Noire, Neptun Deep, la Roumanie pourrait même devenir le premier producteur de gaz de l’UE. La Grèce nourrit également des ambitions dans les domaines gazier et pétrolier. ExxonMobil et Chevron, deux sociétés américaines, se sont associées à des entreprises grecques pour explorer et forer près des côtes de Crète et de Corfou.
En dehors de l’Union européenne, la Norvège a annoncé cette semaine la réouverture de trois champs gaziers inactifs depuis près de 30 ans et l’ouverture de nouvelles zones maritimes pour l’exploration pétrolière. L’objectif est de vendre ces hydrocarbures aux pays de l’Union européenne.
En France, en revanche, le débat semble clos. La loi Hulot de 2017 a mis fin à la recherche d’hydrocarbures sur le sol français et prévoit la fin de toute exploitation d’ici à 2040. Il n’y aura pas de retour en arrière, nous précise une source gouvernementale, car il ne faut pas, dit cette même source, sur-réagir en s’engageant dans des voies irréversibles pour l’écologie.







