Le ministère de l’Éducation nationale indique qu’il demeure en attente des résultats définitifs de la deuxième année, afin d’apprécier s’il est nécessaire de maintenir le dispositif en vigueur.
C’était l’un des principaux projets que portait Gabriel Attal lors de son passage bref au ministère de l’Éducation nationale en 2023. L’expérimentation visant à instaurer un uniforme à l’école, présentée comme un levier pour parvenir à l’égalité sociale et pour améliorer le cadre scolaire, s’est révélée peu convaincante selon une première étude publiée le mardi 12 mai.
Les premiers résultats de ce dispositif, lancé à la rentrée 2024/2025, sont « assez inégaux selon les établissements », a indiqué le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale mardi. Le ministère précise qu’il attend les résultats définitifs de la deuxième année pour déterminer s’il convient de poursuivre le dispositif, qui visait lors de la précédente rentrée 97 écoles, 14 collèges et 4 lycées.
Dans le premier degrés, 75% des directeurs d’école constatent une évolution favorable du sentiment d’appartenance, mais seuls 36% signalent une amélioration du climat scolaire. Dans le secondaire, sur les 22 établissements retenus pour l’expérimentation, 16 ont répondu : 13 évoquent une progression du sentiment d’appartenance et 11 notent une amélioration du climat de travail. Seuls sept chefs d’établissement estiment une amélioration de l’ambiance de travail, et ils ne sont plus que cinq à percevoir une progression des acquis scolaires.
L’uniforme: pas le remède miracle pour le climat scolaire
La mesure suscite davantage de critiques chez les élèves. Une majorité d’écoliers, soit 57%, avouent ne pas aimer porter la tenue commune et 63% des collégiens déclarent ne pas se sentir bien dans leur uniforme, tandis que 61% estiment qu’il n’est pas adapté à leur vie de collégien. Si 43% des écoliers estiment qu’il entraîne moins de moqueries liées aux vêtements, 45% jugent que cela n’a rien changé sur ce point. Chez les collégiens, 38% considèrent aussi que l’uniforme n’a produit aucun effet, tandis que 36% indiquent se sentir moins libres dans leur façon d’être. Enfin, seuls 27% des collégiens estiment que l’uniforme renforce le cadre de travail, tandis que 11% déclarent qu’il leur donne le sentiment d’être plus sérieux.
« Dès lors qu’on dépasse la simple enquête de satisfaction des chefs d’établissements, on voit bien que l’uniforme n’est pas l’outil magique pour améliorer le climat scolaire dans un établissement », a réagi à l’AFP Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principale organisation du second degré. « Ce bilan montre donc que nous étions face à une annonce sans lendemain de Gabriel Attal, qui visait essentiellement la médiatisation et la dimension politique sans jamais se préoccuper des véritables enjeux de l’École », a ajouté la responsable syndicale.







