Depuis plusieurs années déjà, les résidents de Montigny-en-Arrouaise profitent de ces bornes entièrement gratuites. Ce succès pourrait attirer l’attention d’autres communes en France.
Redonner du pouvoir d’achat tout en incitant les habitants à adopter l’électrique : tel est l’enjeu que se fixe la mairie de Montigny-en-Arrouaise, dans l’Aisne. Depuis plusieurs années, cette commune modeste, située à quelques kilomètres de Saint-Quentin, a installé des bornes de recharge gratuites pour les voitures électriques. Un dispositif qui prend une résonance particulière en cette période où le prix des carburants demeure élevé en France.
Certes, il faut faire preuve d’un peu de patience, mais après près de deux heures d’attente, Carole peut recharger son véhicule sans dépenser le moindre centime. Cela équivaut à environ 200 euros d’économies mensuelles pour celle qui a récemment opté pour une autonomie électrique complète. « C’est vraiment une économie significative ! Tout est gratuit à 100 %. Et avec les tarifs du carburant actuels, c’est très favorable », déclare-t-elle avec satisfaction. Son mari complète : « J’ai vendu mon hybride pour passer au tout électrique, parce qu’il y avait des bornes à disposition… »
Le coût annuel que doit assumer la commune
Ces bornes gratuites connaissent un véritable succès, au point d’être parfois saturées. Aujourd’hui à Montigny-en-Arrouaise, on compte une vingtaine de véhicules électriques pour environ 120 foyers, ce qui constitue une proportion notable pour une commune rurale. Par ailleurs, les habitants des villages voisins bénéficient aussi d’un accès gratuit à la recharge une fois par semaine. « Par moments, c’est pénible : on arrive et les places sont occupées. Recharger devient de plus en plus difficile », observe le mari de Carole. « Nous prévoyons d’installer une seconde borne près de l’aire de jeux », assure Christophe Parent, l’écologiste qui pilote la municipalité.
Mais une question demeure : qui couvre la facture d’électricité ? La réponse se trouve en partie sur les toitures des bâtiments municipaux. « Il s’agit de toitures solaires : on en voit une ici, à la poste, et une autre là, à la mairie. Elles permettent d’apporter en permanence de l’énergie aux bornes », explique le maire. Concrètement, environ un tiers de l’électricité fournie aux bornes provient des panneaux solaires, le reste étant acheminé par le réseau. Et c’est la mairie qui prend en charge une dépense annuelle d’environ 6 000 euros.
Le maire assume ce coût en insistant sur l’objectif social et économique de la démarche : « Ça ne me paraît pas démesuré. L’idée, c’est de rendre l’utilisation de l’électrique aisée, d’aider chacun à franchir le pas et d’agir sur le pouvoir d’achat et la mobilité. Si l’on devait payer le carburant au tarif actuel, cela reviendrait à se priver de sorties au restaurant, ou des loisirs du week-end. Ici, on n’en est pas là, même si le coût du carburant peut dépasser les deux euros… » L’élu ajoute que plusieurs communes en France l’ont déjà contacté pour envisager la mise en place d’un dispositif similaire.







