Le gouvernement français a annoncé lundi qu’il préparait un nouveau décret interdisant l’utilisation de termes liés à la viande comme « steak » ou « grill » pour décrire des produits à base de plantes.
Son dernier décret est « une question de transparence et d’honnêteté répondant aux attentes légitimes des consommateurs et des producteurs », a déclaré le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau dans un communiqué.
Les agriculteurs et les entreprises de la chaîne d’approvisionnement en viande française contestent depuis longtemps des termes comme « burger à base de plantes » ou « saucisse végétalienne », affirmant qu’ils confondent les consommateurs.
Mais un décret de 2022 protégeant ces propos a été suspendu par le plus haut tribunal administratif du pays.
Alors que le Conseil d’État a demandé conseil à la Cour de justice de l’Union européenne (CJCE) avant de rendre son arrêt définitif, le ministère de l’Agriculture de Paris affirme avoir déjà préparé une nouvelle ordonnance linguistique prenant en compte les plaintes des juges.
#France a dévoilé des propositions révisées interdisant l’utilisation de #viande des noms comme « steak » et « côtes levées » pour les aliments à base de plantes fabriqués dans le pays, dans le but d’éviter les « allégations trompeuses » de certains #alternativesàlaviande. https://t.co/XI2a32Rvbc
– Magazine européen des supermarchés (@esm_magazine) 4 septembre 2023
Le décret a été soumis à la Commission européenne pour vérification par rapport à ses règles détaillées en matière d’étiquetage des aliments.
Mais « le terme « steak végétal » est utilisé depuis plus de 40 ans », a déclaré Guillaume Hannotin, avocat de l’association Protéines France représentant les fabricants d’alternatives végétaliennes et végétariennes.
Le nouveau décret français contrevient toujours à la réglementation européenne sur l’étiquetage des produits qui, contrairement au lait, ne disposent pas d’une définition juridique stricte et peuvent être désignés par des termes d’usage courant, a soutenu Hannotin.
Cette dernière mesure du gouvernement « torpille la procédure en cours devant la CJCE », déclenchée par une plainte de Protéines France, a-t-il ajouté.
(Avec les fils de presse)