Suite à la déclaration de Gabriel Attal, mercredi soir, affirmant son désir de diminuer la période d’allocation chômage, les réponses se sont accrues.
Le Premier ministre préconise un raccourcissement de l’indemnité chômage, suscitant de nombreuses réactions
Le mercredi 27 mars, le chef du gouvernement a déclaré à TF1 être en faveur d’une baisse de la période d’indemnisation de l’assurance-chômage qui s’étendrait « sur plusieurs mois » . Ces propos ont déclenché une vague de réactions.
Sur 42mag.fr, Jean-Eudes du Mesnil du Buisson, secrétaire général de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), a rétorqué qu’ils n’adhéraient pas à l’idée de « réduire l’indemnisation ». Il a souligné que ceux qui se retrouvaient au chômage n’avaient pas choisi cette situation et devaient pouvoir continuer à subsister. Toutefois, M. du Mesnil du Buisson a reconnu que le système français était particulièrement généreux comparativement à d’autres pays européens.
« Pouvons-nous supporter ces coûts ? Malheureusement, la réponse est négative. »
franceinfo
Avec « trois millions de chômeurs indemnisés » et de nombreuses entreprises ne parvenant pas à recruter, M. du Mesnil du Buisson considère que le système actuel d’assurance-chômage pose un véritable « problème ». Il suggère par exemple de réformer le critère relatif à la durée de travail nécessaire pour bénéficier de l’assurance-chômage – doit-on avoir travaillé 6 mois au cours des deux dernières années ou 6 mois sur les 18 derniers mois ?
M. du Mesnil du Buisson a également relevé une omission dans les propos de Gabriel Attal. Le Premier ministre a parlé de « l’augmentation des recettes », mais a moins évoqué la réduction des dépenses, notamment de la part de l’Etat. Sans une réforme de la fonction publique, il serait impossible de résoudre le problème du déficit, estime-t-il.
« C’est un argument populiste » selon la CFE-CGE
François Hommeril, président du syndicat des cadres CFE-CGC, a jugé les propos du Premier ministre comme du « populisme ». Il a ridiculisé la suggestion d’Attal que rendre les conditions de chômage plus dures encouragerait les gens à retrouver un emploi plus rapidement, la qualifiant de fausse et contredite par les recherches.
Quant à l’idée d’Attal de pousser une personne qualifiée de 52 ans à accepter n’importe quel travail, y compris de la plonge ou du gardiennage, M. Hommeril la juge alarmante et déconnectée de la réalité. Pour lui, cela donne l’impression que le gouvernement considère les chômeurs comme des parasites.
« Les arguments du gouvernement sont erronés » selon la CGT
D’après Victoire Bech de la CGT, la proposition de réduire la durée de l’indemnisation chômage appauvrirait une grande part de la population et forcerait davantage de travailleurs à accepter des emplois mal rémunérés, entraînant potentiellement une baisse généralisée des salaires. Bech a catégoriquement refusé de négocier sur cette base.
FO met en garde : « Le gouvernement fait fausse route »
La diminution de la durée d’indemnisation du chômage conduirait à « l’envoi de millions de personnes au RSA », avertit Michel Beaugas de Force Ouvrière (FO). Il déplore que les demandeurs d’emploi aient déjà perdu 50% de leur durée d’indemnisation au cours des deux dernières années à cause des trois dernières réformes.
Au lieu de diminuer les aides, le syndicat FO préconise d’augmenter les salaires en général, arguant que cela permettrait de créer de meilleurs postes de travail et de fournir aux travailleurs les revenus dont ils ont besoin.
L’approche « très sordide » du gouvernement, selon la France Insoumise (LFI)
Alexis Corbière, député de la France Insoumise (LFI), a critiqué la vision du Premier ministre, la qualifiant de « fausse » et d' »idéologiquement détestable ». Pour lui, elle suggère que les chômeurs sont en quelque sorte responsables de leur situation et qu’ils ont besoin d’être poussés pour chercher un travail.
Le gouvernement « ne prend pas la mesure des véritables enjeux », selon Les Républicains (LR)
Fabien Di Filippo, député Les Républicains, a accusé le gouvernement d’être déconnecté de la réalité et de manquer de courage. Il a évoqué « un décalage » entre l’annonce du Premier ministre et l’état des finances actuel de la France, critiquant en particulier la hausse de 4,6% du RSA au 1er avril.
Les déclarations « scandaleuses » du Premier ministre, selon le Front National (FN)
Philippe Ballard, porte-parole du Front National et député de l’Oise, a qualifié les propos de Gabriel Attal de « scandaleux ». Il a critiqué le Premier ministre pour avoir demandé des efforts aux chômeurs alors que le déficit public n’a cessé de croître sous le règne d’Emmanuel Macron. Ballard a comparé cette situation au « Titanic qui coule ».