Le coût du baril grimpe au-delà de 115 dollars, soit une hausse d’environ 30 %, une montée sans égale depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. Le blocage du détroit d’Ormuz et les frappes visant des infrastructures pétrolières iraniennes alimentent les craintes d’une crise énergétique mondiale.
Lundi 9 mars, en début de matinée, les cours du pétrole s’évaluaient autour de 115 dollars pour le WTI, référence américaine, et près de 116 dollars pour le Brent, référence européenne. Dans les deux cas, la hausse s’approche des 30 %, une progression sans précédent depuis 2022, provoquée par l’invasion russe de l’Ukraine.
Sur le long terme, ces niveaux ont déjà été franchis à plusieurs occasions. En regardant le passé, lorsque les hostilités entre la Russie et l’Ukraine ont éclaté en février 2022, le prix du baril a atteint environ 130 dollars avant de se stabiliser autour de 100 dollars pendant plusieurs mois. En 2012, l’année avait commencé avec un baril autour de 100 dollars. C’était aussi le moment où l’Occident avait renforcé les sanctions économiques contre l’Iran, déjà soupçonné de chercher à obtenir l’arme nucléaire sous couvert d’un programme civil. Un peu avant, en 2011, les révoltes en Égypte et les craintes de contagion au Moyen-Orient avaient conduit le baril à dépasser légèrement ce seuil.
Des infrastructures pétrolières stratégiques bombardées
Le record historique remonte à 2008, lorsque le baril atteignait environ 147 dollars. À cette époque, plusieurs éléments sont venus faire grimper les prix: les tensions géopolitiques allant de l’Iran au Nigéria en passant par le Pakistan; une demande soutenue par les marchés émergents, notamment la Chine; la prise de conscience que les réserves mondiales ne sont pas illimitées; et une appétit vorace des fonds spéculatifs pour les matières premières.
Cette fois-ci, en plus de la paralysie du détroit d’Ormuz par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial — Ormuz a toujours été un point sensible dans les conflits —, les infrastructures pétrolières stratégiques sont directement bombardées près de la capitale iranienne, Téhéran. La tension est à son maximum. Comme le pétrole ne peut plus être expédié depuis la région, certains pays commencent à ralentir leur production pour éviter l’engorgement des lieux de stockage. Heureusement, tous les pays disposent de stocks stratégiques pour leur consommation intérieure (trois mois pour ce qui est de la France). Dans la situation actuelle, seule une réouverture totale et sécurisée du détroit d’Ormuz permettrait de calmer le jeu. Mais cela impliquerait des actions militaires musclées de la part des pays occidentaux, les États-Unis en tête.







