En raison de la progression incessante des prix du carburant, un nombre croissant de Français se pressent dans certaines stations-service. Comment s’assurer que les distributeurs ne profitent pas du conflit au Moyen-Orient pour augmenter encore les tarifs ? Le gouvernement les a convoqués en début de matinée, jeudi 5 mars, à Bercy.
Ce passage provient d’une portion de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour le voir dans son intégralité.
Les tarifs se mettent à augmenter: lundi à 1,75 €, mardi à 1,80 €, et ce mercredi 4 mars à 1,82 €. Dans la même station située en Île-de-France, le prix du SP98 grimpe chaque jour. Pour les personnes qui font le plein, cette hausse est désormais vraiment perceptible : « Cela aurait dû être 1,72 € il y a quinze jours », constate une automobiliste à la pompe. « Pour mon travail, j’utiliserais davantage les transports afin de faire des économies, surtout si cela monte jusqu’à 2 € », ajoute un homme. « Les citernes sont encore pleines. Le détroit d’Ormuz est assez récent, donc le délai pour que cela se retrouve dans les citernes… Je pense qu’ils en ont profité rapidement », affirme une conductrice.
Alors, comment expliquer une montée aussi rapide ? Ce prix ne dépend pas directement du coût du baril, mais du marché des carburants. Un tarif européen fixé à Rotterdam qui a littéralement pris feu depuis vendredi dernier : +43 % pour le gazole et +9 % pour le SP98.
Plusieurs éléments expliquent cette hausse
La hausse est répercutée à chaque nouvelle livraison facturée aux distributeurs de carburant, comme l’exprime le responsable d’une enseigne de grande distribution : « Le carburant, ce n’est pas comparable aux petits pois. Les petits pois, on les achète une seule fois et le prix reste valable toute l’année. Il peut y avoir au moins un camion par jour, parfois plusieurs, qui livre quotidiennement. Et ces camions peuvent à chaque fois afficher un prix différent. Donc, on répercute simplement le coût du dernier camion livré », précise Dominique Schelcher, PDG de la Coopérative U.
Depuis ce week-end, les habitants se précipitent pour faire le plein. Dans certaines stations, la fréquentation a même doublé, et cette suractivité contribue à accélérer la hausse des prix. « Quand les prix montent, il y a inévitablement une certaine panique des consommateurs, ce qui entraîne des rotations de stocks bien plus importantes, et ces mouvements accrus font que cette hausse se transmet d’autant plus vite », résume Emmanuel Ampaud, président de la Fédération française des combustibles.
Dernier facteur en date : l’euro est faible. Acheter du pétrole en dollars devient donc plus coûteux, ce qui pousse le prix à grimper. Dans de nombreuses stations, le litre de gazole est déjà affiché à plus de 2 €.







