Selon Olivier Hardouin, céréalier et président de la FNSEA du Loir-et-Cher, l’augmentation des prix représente une menace d’une acuité renforcée pour la productivité du secteur agricole français, a-t-il averti vendredi lors de son passage sur France Inter.
Nous faisons face à de fortes inquiétudes, car nos coûts de production risquent d’exploser alors même que l’écart entre le prix auquel nous écoulons nos produits et nos charges reste important, explique Olivier Hardouin, céréalier et président de la FNSEA du Loir-et-Cher, lors d’une intervention sur France Inter ce vendredi 6 mars. Il s’agit d’évoquer la hausse des prix des carburants et des engrais constatée depuis le début du conflit au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran. Ce passage maritime concerne environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, et approvisionne aussi près d’un tiers des engrais azotés.
Dès les premiers bombardements, samedi, l’urée, fertilisant principal utilisé par les agriculteurs, est montée de 505 à 580 euros la tonne. Les céréaliers demeurent fortement dépendants de ces engrais de synthèse. « C’est une folie depuis samedi » observe Olivier Hardouin. « Vendredi, des fournisseurs nous ont indiqué des prix, et lundi, ces mêmes personnes nous ont annoncé une hausse de 15% », relate-t-il, rappelant que l’inflation « a continué de progresser sur cette semaine ».
Une flambée de 40 % des carburants
L’autre inquiétude des agriculteurs porte sur l’augmentation des tarifs des carburants. « On a une commande groupée pour nos adhérents chaque début de mois et on a eu une augmentation du prix de 40% entre il y a quinze jours et lundi, donc c’est assez impressionnant », poursuit le président de la FNSEA du Loir-et-Cher. Selon lui, cette inflation des prix est une menace encore plus importante sur la productivité de l’agriculture française, voire sur la « souveraineté alimentaire » du pays.







