Quentin Le Guillous attire également l’attention sur l’augmentation des coûts des engrais, qu’il met sur le compte d’une spéculation qui agit sur les marchés et qui voit les prix grimper. Dans son rôle de secrétaire général des Jeunes Agriculteurs, il plaide pour une mesure d’allègement fiscal destinée à durer pendant toute la durée de ce conflit, en demandant une suppression totale des taxes afin d’aider les jeunes agriculteurs à traverser cette période.
« Certaines parties misent sur la spéculation pour faire grimper modestement les prix (…) au détriment des agriculteurs et des consommateurs », s’emporte Quentin Le Guillous, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs et agriculteur céréalier, invité sur 42mag.fr vendredi 6 mars. Il déplore la hausse des tarifs du carburant et des engrais depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran. Ce passage maritime représente environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde, et un tiers des engrais.
Le responsable des Jeunes Agriculteurs dénonce des prix qui flambaient autour de la semaine dernière, environ 380 euros la tonne d’engrais et qui affichent désormais des indices autour de 450 ou 460 euros par tonne pour les produits azotés. Selon lui, la hausse est appelée à se poursuivre dans les semaines à venir. Il attribue cette montée à près de 100 euros par tonne à la spéculation liée au contexte international. « Les produits azotés restent les mêmes, ils se trouvent à Rouen, et aucun nouveau bateau n’est arrivé », souligne-t-il.
Pour les Jeunes Agriculteurs, cette situation est loin d’être normale
Le producteur pointe aussi l’augmentation du gazole non routier, utilisé dans les tracteurs, qui a presque doublé selon ses dires : « On l’achetait 0,70 euro le litre en janvier, et aujourd’hui on approche les 1,30 euro ». « On va droit dans le mur et, si cette tendance persiste, on pourrait atteindre 2,50 euros par litre », prévient-il. Cette évolution est jugée anormale, argue-t-il, d’autant plus que les cuves affichent complet et que l’on assiste à une abondance de fioul et de carburant à travers le pays. « Je ne vois pas d’où vient cette spéculation », fulmine-t-il, ajoutant que si cela continue, « on va éteindre les tracteurs ».
Quentin Le Guillous appelle à la suppression des taxes sur les produits azotés et les carburants d’origine américaine et africaine pendant la durée du conflit, afin de laisser entrer des produits moins coûteux. Ces taxes dépendent du processus de raffinage et de l’usage final du produit, mais peuvent varier de 20 à 45 % du prix du produit importé. En les ramenant à zéro, cela offrirait un minimum de marge de manoeuvre pour les agriculteurs et les usagers afin de pouvoir refaire le plein rapidement. « Il faut un zéro taxe pendant la durée de la guerre », insiste-t-il.







