Étant le seul candidat en lice lors de ce scrutin, le dirigeant de l’UDR a été élu avec 108 voix sur 115 suffrages exprimés, offrant à l’extrême droite, qui cherche à s’ancrer durablement dans la vie politique locale, la tête d’une importante collectivité intercommunale.
À peine intronisé comme élu de Nice, Eric Ciotti (UDR-RN) a également pris les rênes de la métropole Nice Côte d’Azur, lors d’un vote survenu jeudi 9 avril, succédant à Christian Estrosi, que Ciotti avait battu lors des dernières municipales. Élu sans concurrent, Ciotti a obtenu 108 voix sur 115 votants, offrant à l’extrême droite, qui cherche à s’enraciner durablement dans la vie politique locale, le contrôle d’une structure intercommunale majeure.
Née en 2012 de la fusion de quatre communautés urbaines, la métropole niçoise regroupe 51 communes et environ un demi-million d’habitants, s’étendant des plages de la Promenade des Anglais jusqu’aux pistes d’Isola 2000. Dans bien des agglomérations, l’arrivée d’élus RN a donné lieu à des négociations houleuses pour les écarter des instances dirigeantes intercommunales, mais l’élection de Ciotti n’a jamais été réellement remise en question. Sur les 133 conseillers, le maire UDR-RN détient 49 élus sur sa liste à Nice, huit sur celle de son allié RN de Cagnes-sur-Mer, Bryan Masson, et entretient une proximité notable avec de nombreux élus des communes plus petites.
Modifier le règlement pour permettre à l’opposition de s’exprimer davantage ?
L’entourage de Ciotti promet une gestion plus sobre et plus respectueuse de l’opposition que sous l’équipe qui le précédait. Alors que des élus proches de Christian Estrosi ont déjà rejoint la majorité ciottiste au conseil départemental, le camp de l’ancien maire de Nice paraît moins virulent. Pierre-Paul Léonelli, l’un des porte-voix les plus acérés pendant la campagne, a par exemple déclaré sur X qu’il était « prêt à travailler de manière constructive », souhaitant que la métropole ne devienne pas « un champ de bataille politicien », mais plutôt « un véritable espace de collaboration ».
Cela a aussitôt suscité les moqueries de ses anciens adversaires, qui, pendant des années, dénonçaient le peu de temps de parole accordé, alors que Christian Estrosi prenait jusqu’à trente minutes pour leur répondre, avec une certaine condescendance. « La métropole d’Estrosi ne fonctionnait qu’autour d’Estrosi et que pour la ville de Nice. C’était une direction très centralisée autour des Niçois », résume Bryan Masson.
Comme pour le conseil municipal niçois, le camp Ciotti affirme envisager d’éventuelles révisions du règlement intérieur afin que l’opposition soit mieux entendue. « On est très curieux de voir comment cela va se passer », affirme Juliette Chesnel-Le Roux, conseillère PS-PCF-Ecologistes, rappelant qu’au conseil municipal de Nice, Éric Ciotti a bien laissé la parole à l’opposition.







