Ce jeudi, les parlementaires examinent un texte dont l’objectif est de renforcer l’arsenal juridique disponible afin de réprimer les free parties, présentées comme responsables de nombreuses nuisances.
«Condamner un jeune à une amende de 1 500 euros juste parce qu’il danse avec ses amis lors d’une free party, c’est une absurdité totale», a exprimé Eric Labbé, DJ français, lors de son passage sur 42mag.fr le jeudi 9 avril, alors que l’Assemblée nationale examinait une proposition de loi destinée à durcir les outils juridiques face à ces rassemblements techno gratuits — ou organisés sous dotation libre — qui se tiennent fréquemment dans des champs.
Le texte, porté par la députée Laetitia Saint-Paul (Horizons) et étudié en première lecture ce jeudi, prévoit une amende de 1 500 euros pour les participants. Quant aux organisateurs, directs ou par relais, la proposition prévoit six mois de prison et 5 000 euros d’amende. Aujourd’hui, seuls les organisateurs encourent une contravention de 1 500 euros.
Trouver des lieux qui conviennent à tout le monde
« On renforce encore la dimension sécuritaire », déplore Eric Labbé, signataire fin mars d’une tribune publiée dans Libération, avec un collectif d’acteurs de la scène techno. « Député·es, ne criminalisez pas les free parties ! »
« Bon nombre d’artistes qui sont signataires de cette tribune ont commencé dans les free parties et les tecknivals, il y a maintenant 25 ans, comme Manu Le Malin », ajoutent-ils.
« Plus la répression s’accentue, plus les activités se déplacent et se cachent », déplore également Eric Labbé. « Et c’est là que les choses deviennent dangereuses. Quand c’est inaccessible pour la police, c’est aussi le cas pour les pompiers », insiste-t-il.
Le DJ admet qu’il existe un sujet sérieux autour de la cohabitation entre les festivaliers de free party et les habitants du voisinage. « Organiser une free party de trois jours à proximité d’un village, ce n’est pas une bonne idée », reconnaît-il. Néanmoins, il appelle à un dialogue avec les pouvoirs publics. « Avec de la concertation et moins de répression, on parvient plus facilement à trouver des lieux qui conviennent à tout le monde. »







