Dans la matinée de lundi, l’Italie a déclaré que les approvisionnements en kérosène étaient soumis à des quotas dans plusieurs aéroports du pays. La France envisage-t-elle elle aussi de restreindre l’accès au carburant destiné aux avions ?
Cette portion-ci provient d’une retranscription partielle du reportage évoqué plus haut. Pour visionner l’intégralité, cliquez sur la vidéo.
C’est le pire scénario qui plane sur les compagnies aériennes cette année : des appareils cloués au sol comme lors des périodes les plus difficiles de la pandémie de Covid-19. La cause principale serait une éventuelle pénurie de kérosène ou bien un coût qui grimperait trop rapidement. Déjà, à l’échelle mondiale, 10% des vols ont été annulés en Asie par l’une des plus grandes compagnies, et certains trajets ont été supprimés au Vietnam. En Europe, une entreprise établie en Suède a annulé environ mille voyages.
Des mesures dans le monde entier
En Italie, dans quatre aéroports, un fournisseur restreint même l’approvisionnement en kérosène pour les vols courts, c’est-à-dire ceux d’une durée inférieure à trois heures. Un groupe d’amis qui réside en Sardaigne partage son inquiétude. « Je viens d’une île qui vit essentiellement du tourisme. Sans avion et sans bateau, rallier la Sardaigne devient impossible. On n’y va pas à la nage. Donc, c’est un problème déterminant« , affirme l’un d’eux. « Il n’y a pas que moi qui suis inquiet. Tout le monde devrait l’être« , complète son ami.
Au total, 21% du kérosène mondial transite par le détroit d’Ormuz, qui demeure bloqué. Le PDG de Ryanair a pris la parole pour tirer la sonnette d’alarme. « Si la guerre se poursuit, nous estimons qu’il y a un risque réel — même s’il reste faible pour le moment — que 10, 20 ou 25% de nos livraisons de kérosène soient menacées entre mai et juin« , déclare Michael O’Leary.
Des compagnies annoncent une hausse des tarifs
Depuis l’ouverture du front en Iran, le kérosène devient moins disponible et plus cher. Le prix du baril a plus que doublé, passant de 87 à 218 dollars. Certaines compagnies décident d’elles-mêmes d’annuler des vols, y compris en France. « Ce que les compagnies tentent de faire, c’est anticiper une éventuelle pénurie demain. L’idée est d’immobiliser les avions les moins utiles et de poursuivre avec ceux jugés essentiels« , explique Thierry Bros, spécialiste de l’énergie à Sciences Po Paris.
Dans la soirée du lundi 6 avril, les passagers redoutent des annulations pour les vacances d’été. « Effectivement, aujourd’hui, si je veux partir à l’étranger, j’hésite« , confie une voyageuse. « C’est quelque chose qu’on n’a jamais vécu, donc on peut se poser mille questions. Après, on verra. Avec un peu de philosophie, si possible« , ajoute une autre.
Pour faire face à la flambée du prix du kérosène, de nombreuses compagnies à travers le monde ont déjà annoncé des augmentations tarifaires.
Parmi nos sources :
IATA
news.sky.com
Thierry Bros
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