Le gouvernement français persiste à écarter toute réduction de la taxe sur les carburants et privilégie des mesures ciblées, conçues pour répondre à des situations spécifiques. Jusqu’à quel point sera-t-il capable de maintenir cette position ? Pourquoi la France ne s’aligne-t-elle pas sur ses voisins européens à ce sujet ?
Ce passage est extrait d’une retranscription partielle du reportage mentionné ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour visionner l’intégralité.
Le prix du litre de carburant demeure supérieur à deux euros. Dans ce contexte, faut-il que l’État français intervienne sur les tarifs, et plus particulièrement sur les taxes, comme certains pays voisins l’ont fait ? En Europe, depuis le début de ce conflit, plusieurs États ont choisi de réduire les taxes sur les carburants, citant notamment le Portugal, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, la Pologne et la Suède.
À ce stade, le gouvernement français n’envisage pas une telle mesure. Les finances publiques ne permettraient pas de l’assumer. « Si on devait baisser les taxes, par exemple la TVA de 20 à 5,5%, ça coûterait au minimum un milliard d’euros par mois. Puis, à l’évidence, nous ne sommes pas l’Allemagne pour ce qui est du niveau de la dette. Donc si on prend l’ensemble de ces contraintes, baisser les taxes paraît très difficilement envisageable », affirme Patrice Geoffron, professeur d’économie à Dauphine et spécialiste de l’énergie.
Des aides davantage ciblées
Le gouvernement a donc privilégier des aides spécifiques, notamment une indemnité destinée aux gros utilisateurs, comme les infirmières libérales. Cette aide s’adresse aux travailleurs qui possèdent une voiture, parcourent environ 30 kilomètres aller-retour chaque jour pour se rendre sur leur lieu de travail, et dont les revenus restent modestes, inférieurs à 16 880 euros annuels. Le montant accordé sera de 50 euros.
Certaines professions, telles que les pêcheurs, les agriculteurs et les acteurs des travaux publics, ont bénéficié d’un autre coup de pouce : une remise de quelques centimes par litre sur le GNR, carburant utilisé par leurs tracteurs ou leurs bateaux. Pour les professionnels, cela se révèle insuffisant. « Ça fait une belle annonce à la télé, ça calme tout le monde, ça évite peut-être aux gens de sortir, parce qu’ils y croient à un moment. Mais de toute façon quand les décrets sortent, quand ils regardent qu’il faut qu’ils remplissent des papiers et qu’ils ne rentrent pas dans les critères et qu’ils n’arrivent pas à avoir les aides, tout le monde capitule », déplore Cyril Hoffmann, président de la Coordination Rurale 21.
Selon le ministre des Comptes publics, le coût des aides pour le seul mois de mai s’élèvera à 180 millions d’euros.
Parmi nos sources consultées :
Ministère des Comptes publics
Journal officiel
Bercy
Liste non exhaustive







