En réaction à l’augmentation du coût du pétrole, la compagnie aérienne Volotea a mis en place un mécanisme de majoration ajusté en fonction du cours du baril Brent. Toutefois, sur le plan juridique, la validité et les implications de cette mesure, qui s’applique après l’achat du billet, ne manquent pas de soulever des questionnements.
Ce passage renvoie à une portion de la retranscription du reportage évoqué ci-dessus. Pour le voir dans son intégralité, cliquez sur la vidéo.
Après le supplément relatif aux bagages, Volotea introduit désormais un coût lié au carburant, appliqué après l’achat du billet. Cette idée, qui fait débat, peut atteindre jusqu’à 14 euros par personne et fluctue selon l’évolution du prix du pétrole brut. Des voyageurs qui se dirigent vers la Grèce indiquent qu’ils sont disposés à débourser ces quelques euros supplémentaires. « Franchement, 14 euros, c’est plutôt limité », lâche l’un d’eux. « 50 euros de plus, ce n’est pas grave. Le voyage est planifié depuis des mois, les congés ont été posés, donc on n’a pas l’intention d’annuler », affirme un autre.
Ce surcoût est progressif. Si le baril de Brent tourne autour de 70 dollars, comme avant la crise, il n’y a pas de paiement additionnel à prévoir. S’il dépasse les 105 dollars, comme c’est le cas actuellement, le coût additionnel est bloqué à 14 euros. En revanche, si le cours baisse, la compagnie rembourse jusqu’à 14 euros.
Un cadre légal revendiqué par Volotea
Mais cette pratique est-elle conforme à la loi ? « Le principe, c’est qu’une fois le billet acheté, une société ne peut pas réclamer d’autres tarifs ou prestations après l’achat. Des associations de consommateurs espagnoles et portugaises se saisissent de la question et examinent cette nouvelle offre commerciale de Volotea afin de déterminer si elle est licite » explique Imane El Bouanani, responsable juridique chez Flightright.
Volotea apporte ses justifications. Depuis la mi-mars, l’information est communiquée à tous les voyageurs dès l’achat, puis envoyée par mail. Et si l’acheteur refuse ce supplément, il peut annuler sans frais jusqu’à quatre heures avant le départ. « Nous avons pris toutes les précautions et ce modèle a été conçu en parfaite conformité avec l’ensemble des lois et des réglementations en vigueur. Donc oui, il est légal », affirme Gilles Gosselin, directeur France de Volotea. Volotea est la seule à adopter ce choix. De son côté, Transavia a préféré annuler des vols devenus non rentables. Avec la crise pétrolière, c’est tout le modèle économique des compagnies à bas coût qui est en jeu.







