Au cours de l’émission sur le plateau des « 4V », ce vendredi 20 février, la ministre a affirmé que les ressources financières allouées ne suffisaient pas pour affronter les crues qui ravagent l’Ouest du pays. « Effectivement, nous avons été dépassés », a-t-elle reconnu, tout en précisant que « ce n’est pas dû à des digues mal entretenues ».
Les crues massives qui frappent l’ouest du pays continuent à remodeler le paysage, et ce phénomène se prolonge ce vendredi. Trois départements — Loire-Atlantique, Charente-Maritime et Maine-et-Loire — restent placés en vigilance rouge ce matin et des pluies supplémentaires pourraient encore aggraver la situation pour les populations affectées. Dans ce contexte d’urgence, l’exécutif cherche à accélérer le processus d’indemnisation par les compagnies d’assurance afin de raccourcir les délais pour les sinistrés. Pour faire le point, Monique Barbut, la ministre de la Transition écologique, revient sur la crise et affirme que l’État est pleinement mobilisé.
Note: Cette partie provient d’une retranscription partielle de l’entretien ci-dessus. Pour en écouter l’intégralité, il faut visionner la vidéo.
Alexandre Peyrout rappelle que les fortes crues qui frappent l’ouest du pays demeurent à l’actualité. Il précise que trois départements restent en alerte rouge selon Météo-France et lui demande quelle évolution attendre dans les prochaines heures, et si l’on peut espérer une diminution du niveau des eaux.
Monique Barbut répond qu’elle n’est pas sûre d’un reflux rapide des eaux, mais qu’on se situe sur une phase d’aplatissement. Autrement dit, la décrue devrait bien se produire mais à un rythme extrêmement lent.
Elle précise ensuite que la décrue va prendre du temps et que ce ralentissement pourrait devenir critique sur la manière dont les habitants vont accepter de vivre sous ce régime d’inondations. Elle rappelle que cela fait désormais le 37e jour où les élus et les services de secours restent mobilisés, et souligne que, pour les populations, la résilience mise à rude épreuve pourrait poser des difficultés lors de la décrue, d’autant que les projections prévoient la possibilité de pluies importantes à partir du milieu de la semaine prochaine.
La conversation poursuit sur le fait que, dans le Sud-Ouest notamment, des personnes vivent les pieds dans l’eau depuis plus d’un mois. Le Premier ministre a annoncé, hier, que les mécanismes d’indemnisation liés aux catastrophes naturelles seraient déclenchés à partir de mardi. Quelle est l’information du matin sur ce point? Combien l’État va-t-il débloquer et surtout quand les sinistrés seront-ils indemnisés?
Barbut explique que le gouvernement s’est réuni hier en réunion interministérielle avec le Premier ministre pour faire le point sur les aspects à surveiller dans les jours à venir. Elle identifie trois étapes. La première concerne l’immédiat, c’est-à-dire l’urgence: nettoyer et pomper. Des équipes sont en train d’être mises en place, en coordination avec Enedis et les services de secours. Elle indique qu’elle réunira cet après-midi, avec Mathieu Lefèvre, l’ensemble des acteurs impliqués dans le nettoyage pour coordonner les actions. Parallèlement, la préparation des indemnisations financières est engagée, et la déclaration de catastrophe naturelle, qui sera effective à partir de mardi, est jugée importante. Concernant le volet indemnisation, le ministre des Finances, Roland-Lescure, rencontrera aujourd’hui les assureurs.
Pour ce qui est de déterminer un montant exact: ce n’est pas le rôle de l’État de fixer les montants d’emblée. Les assureurs interviendront au cas par cas, mais l’objectif est qu’ils soient au rendez-vous et que les procédures n’emportent pas trop de retard pour les assurés.
Un journaliste interroge ensuite sur une éventuelle défaillance de l’État dans cette crise et évoque des critiques d’élus locaux pointant un manque d’entretien des digues. Barbut répond que, lorsqu’on parle d’entretien, la responsabilité repose aujourd’hui sur les communes. Toutefois, elle rappelle que ce n’est pas seulement un problème de digues mal entretenues: certaines en ont été totalement submergées.
Le débat s’élargit ensuite à une autre question: l’artificialisation des sols est-elle aussi en cause? Barbut répond que le phénomène relève d’un enjeu structurel: les investissements réalisés n’étaient pas adaptés au type d’événements météorologiques extrêmes observés cette fois-ci. Elle affirme qu’un travail de fond va devoir être mené entre l’État et les collectivités, et que l’État prendra sa part. Elle insiste sur le fait qu’il n’est pas question de faire reposer le coût des mesures de prévention uniquement sur les communes.
Des voix associatives estiment que ces épisodes se répètent et dénoncent l’inaction du gouvernement. Barbut réplique qu’il ne faut pas parler d’inaction: un système avait été mis en place avec les collectivités afin de minimiser les retombées des inondations majeures. Tous les services de l’État avaient pris part au dispositif, tout comme les autorités locales, et, bien que débordés par l’ampleur du phénomène, les mécanismes ont fonctionné et limité les dégâts; néanmoins, l’ampleur de l’événement a tout de même été absorbée difficilement.
Autre actualité: demain s’ouvre le Salon de l’Agriculture, porte de Versailles à Paris, alors que les agriculteurs traversent des périodes déjà compliquées. Comment concilier les impératifs agricoles avec les exigences écologiques aujourd’hui?
Barbut soutient que les débats récents ont été marqués par des tensions entre les agriculteurs et les orientations écologistes. Elle mentionne notamment la loi Duplant II, qui prévoit le rétablissement d’un pesticide, l’acétamipride, classé comme néonicotinoïde. Est-ce qu’elle est favorable à ce texte supposément?
Non. En revanche, elle affirme être favorable à une meilleure gestion de l’eau destinée à l’agriculture. Améliorer la qualité de l’eau doit être une priorité, et non diminuer les standards: ce qui sort du robinet ne doit pas être altéré par des choix qui sacrificieraient la qualité de l’eau.
Elle précise: l’objectif n’est pas une simplification excessive; il faut agir sans nuire à la qualité de l’eau, car c’est elle qui va alimenter les robinets des ménages. Autrement dit, on ne peut pas diminuer les exigences actuelles en matière de qualité de l’eau.
Enfin, une question porte sur un remaniement gouvernemental attendu dimanche. L’intervieweur demande si Barbut sera présente au prochain Conseil des ministres, mercredi prochain. Elle répond qu’elle n’a eu aucune information indiquant le contraire et qu’elle sera bien présente. Elle rappelle qu’elle n’avait pas nécessairement sollicité une place au sein du gouvernement, mais que Sébastien Lecornu lui a donné les moyens de s’impliquer.
Et sur le fait d’être utile et efficace aujourd’hui, Barbut affirme qu’elle le perçoit comme tel. Elle cite, à titre d’exemple, son influence dans le dossier relatif à l’interdiction d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures en Guyane, laquelle a été soutenue par le gouvernement, une décision qu’elle qualifie comme une avancée.
Ainsi se clôt ce tour d’horizon de la gestion publique face aux inondations et de la perspective politique autour des équilibres entre agriculture, écologie et sécurité hydrique, avec l’assurance que l’État poursuit son travail pour limiter les conséquences des crues et accompagner les populations touchées.







